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Le Phare définitivement exclu du réseau structurant

Le maire de Québec Régis Labeaume
Photo JEAN-FRANÇOIS DESGAGNÉS Le maire de Québec Régis Labeaume

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La Ville de Québec a finalement abandonné l'idée de construire son pôle d'échanges ouest au Phare pour le réseau structurant de transport en commun. On choisira un terrain à proximité, qui pourra être exproprié, et le tunnel pourrait disparaître.  

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Le maire de Québec, Régis Labeaume, a lancé cette nouvelle en point de presse, quelques minutes avant la tenue du conseil municipal, lundi. La plaque tournante du Réseau structurant de transport en commun (RSTC) à l’ouest changera donc d’emplacement.    

«Le pôle de l'ouest ne sera pas au Phare, il sera entre la rue de Lavigerie et la route de l'Église.»    

«Mains libres»  

M. Labeaume n'a pas voulu préciser où. La Ville va chercher un terrain dans ce secteur, tenter de l'acquérir de gré à gré et si cela ne fonctionne pas, elle expropriera le propriétaire. «On veut avoir les mains complètement libres.»    

Le promoteur du projet de tour de 65 étages, Michel Dallaire, qui faisait partie des plans depuis les tout débuts, a été avisé, a indiqué le maire, et a «très bien réagi». M. Labeaume souligne que selon lui, même si M. Dallaire aurait aimé être partie prenante du projet de RSTC, il aura davantage les coudées franches. «On lui demandait de nous attendre. On ne leur demande plus d’attendre. Ils vont avoir la liberté d’agir plus rapidement.»    

Il y a dans le quadrilatère identifié par le maire 10 propriétaires. Notamment, l’Industrielle Alliance, qui avait manifesté son intérêt pour accueillir le futur pôle, mais aussi Canadian Tire, Couche-Tard, Cominar, McDonald et diverses sociétés immobilières.    

D'autre part, l'option du tunnel de 1 km, qui devait faire un détour par le Phare, est de moins en moins plausible. «Un tunnel comme il y en avait de prévu, c'est plus ça pour l'instant. Mais je ne peux pas vous le garantir.»    

La Ville veut développer un quartier autour de ce futur pôle, selon l'approche du Transit oriented development (TOD), qui vise à créer des milieux de vie où les résidents ont accès à pied au transport collectif et aux services de proximité.  

Avare de détails, M. Labeaume a affirmé que les précisions viendront dans l'appel de qualification qui sera lancé bientôt pour trouver des consortiums qui peuvent gérer la construction du projet de 3,3 G$.    

Critiques sur les communications  

Les deux oppositions à l’hôtel de ville ont par ailleurs continué de taper sur le clou des communications, selon elles déficientes, entourant le projet de RSTC. Québec 21 a déploré que le maire préfère faire son «Régis World Tour», selon le terme que le chef, Jean-François Gosselin, a utilisé pour qualifier la tournée du maire dans les médias de Montréal, plutôt que de s’occuper de communiquer [des informations] sur le projet dans sa ville. Les communications sont, selon lui, «défaillantes» et «lamentables». «On lui suggère de revenir à la base et d’expliquer son projet. S’il veut devenir le maire d’une autre ville, qu’il le fasse, mais qu’il déménage maintenant.»    

Le conseiller de Démocratie Québec, Jean Rousseau, qualifie quant à lui la dépense à venir de 2,5 M$ pour un contrat de communication de «panique» et de «gaspillage».    

Il souligne que le service des communications de la Ville coûte déjà 7,4 M$. «Est-ce à dire que le maire ne fait pas confiance à ses propres services? Avec cette dépense de 2,5 M$ supplémentaires, s’en va-t-on vers un autre Clotaire Rapaille?»    

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