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Stacey Abrams: la vice-présidence en attendant la présidence?

Stacey Abrams: la vice-présidence en attendant la présidence?

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Ce n’est pas la première fois que je mentionne le nom de Stacey Abrams et je peux avancer sans risque de me tromper que ce n’est pas la dernière.  

Dans un billet du 9 janvier, je pointais déjà en direction d’un rapprochement entre Michael Bloomberg et l'une des nouvelles coqueluches démocrates.    

On ne pourra assurément pas reprocher à Mme Abrams de manquer de confiance en elle ou de détermination. Après être devenue la première candidate noire à tenter de se faire élire au poste de gouverneur de la Géorgie en 2018, elle affirmait récemment être convaincue qu’elle serait un jour présidente des États-Unis.  

Lors d’une entrevue accordée lundi matin au réseau ABC, elle s’est refusée à soutenir un candidat ou une candidate pour la présente course à l’investiture. Un choix avisé si l'on considère qu’elle a également déclaré être intéressée par une candidature à la vice-présidence dès 2020.  

Écrivaine (nom de plume: Selena Montgomery) et activiste démocrate, elle a déjà reçu l’appui de Bernie Sanders, mais elle n’aurait aucun mal à justifier sa présence sur un ticket plus centriste avec des candidats comme Joe Biden ou Michael Bloomberg. Ce dernier a d’ailleurs contribué financièrement à une cause chère à Abrams: inscrire les minorités sur les listes électorales. L’initiative porte le nom de Fair Fight.  

Jeune et charismatique, Abrams jouit d’une solide formation après des études à l’université du Texas et à l’université Yale. De plus en plus connue du grand public et régulièrement invitée sur les plateaux d’émissions matinales des grands réseaux, elle a le sens de la formule et semble proche des gens.  

Prudente ce matin, elle ne fermait aucune porte, insistant sur la légitimité de toutes les candidatures (allo Bloomberg!). Ce qui compte à ses yeux est la volonté d’agir maintenant et elle est on ne peut plus enthousiaste quand on l’interroge sur son intérêt pour la vice-présidence: «It would be doing a disservice to every woman of color, every woman of ambition, every child who wants to think beyond their known space for me to say no or to pretend: oh, no, I don't want it [...].» Traduction: dire non serait un bien mauvais service à rendre aux femmes, aux gens de couleur ou aux enfants qui veulent repousser leurs limites.  

Peu importe qui gagnera l’investiture démocrate, ayez un œil sur deux femmes dont les noms circulent déjà depuis un certain temps: Stacey Abrams et Kamala Harris. Je n’ai pas de boule de cristal, mais il s’agit de femmes intelligentes dont le parcours et le charisme pourraient inspirer.   

Si Joe Biden doit d’abord s’assurer que sa campagne survive aux deux prochaines semaines, il a déjà manifesté son intérêt pour Harris, et les très généreuses contributions de Bloomberg à Fair Fight démontrent qu’il a noté le profil d’Abrams et qu’il s’est assuré de construire un pont vers la progressiste.