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Cadeaux chez Guy: «Marchands de bonheur» depuis des décennies

La boutique de cadeaux a dû suivre la tendance et ouvrir une boutique en ligne

commerces choyés
Photo Courtoisie / Amélie St-Yves Johanne Prince place des jouets dans sa boutique Cadeaux chez Guy située au centre-ville de Shawinigan.

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Ils existent depuis des décennies, ils sont choyés par leur communauté ou l’ont marquée à travers les années. Des petits commerces de partout au Québec font la fierté de leur région. Le Journal vous présente le portrait de quelques-uns d’entre eux. 


SHAWINIGAN | Une biscuiterie devenue boutique de jeux qui a pignon sur rue à Shawinigan depuis les années 1950 a traversé les époques malgré des déménagements et un incendie qui a failli mettre son avenir en péril. 

«On est des marchands de bonheurs», s’enthousiasme Johanne Prince, 67 ans, copropriétaire de la boutique Cadeaux chez Guy avec son conjoint, Serge Lajoie, 77 ans. 

«On serait dus pour la retraite, mais ici, c’est tout un univers», continue la femme souriante. 

Elle a racheté l’ancienne biscuiterie Chez Guy en 1983, un commerce qui appartenait à son beau-père de l’époque qui l’avait nommé ainsi en l’honneur de son fils aîné. Cette boutique faisait alors déjà partie du paysage shawiniganais depuis déjà 30 ans. Il n’y avait plus de biscuits en vrac au moment de la transaction, seulement des jeux éducatifs et des cadeaux. Serge Lajoie s’est joint à elle en 1993. 

Après deux déménagements au cœur du centre-ville de Shawinigan, 35 ans plus tard, un incendie a causé 500 000$ de dommages au magasin. Le feu a pris naissance dans un conteneur extérieur le 7 juin 2018 et la fumée est entrée par la fenêtre de l’air conditionné et par les plafonds. 

La boutique a été fermée pendant six mois, période pendant laquelle Mme Prince dit avoir reçu des centaines de courriels d’encouragement. Une dizaine de bénévoles sont même venus l’aider à entreposer du matériel, à nettoyer et à faire une vente de liquidation. 

«Il y avait beaucoup de gens attachés à la boutique. C’est là que tu le vois», explique Mme Prince. 

Elle n’était pas prête à prendre sa retraite, mais tout ce soutien l’a encore plus convaincue de se retrousser les manches. 

La boutique a pu ouvrir ses portes de nouveau le 15 novembre 2018, à temps pour les Fêtes. 

BOUTIQUE EN LIGNE 

Johanne Prince continue de développer les affaires, un an après la reprise des activités normales. Elle a notamment investi pour la mise en ligne d’une première boutique virtuelle, début septembre. La mise en place du site a coûté autour de 10 000$, dont la moitié a été payée grâce à une subvention. 

Elle estime qu’il est difficile pour les petits commerces de démarrer les achats en ligne, ne serait-ce que pour les frais de transport que les clients ne sont souvent pas prêts à défrayer. Sans compter les nombreuses mises à jour nécessaires pour entretenir ce genre de site. 

La patronne d’une dizaine d’employés a eu quelques incertitudes au départ, mais ses inquiétudes sont maintenant dissipées. 

«Ça va super bien, surtout depuis le 1er décembre. On a des commandes régulières», mentionne-t-elle en précisant avoir parfois plus de 800 visiteurs en ligne en une seule journée. 

MEILLEUR VENDEUR 

Le succès d’un jeu est parfois difficile à prévoir, selon Mme Prince. Elle se souvient d’ailleurs avoir initialement passé son tour sur L'osti d'jeu, il y a cinq ans. Sauf que les clients l’ont réclamé, ce qui l’a menée à en commander. 

À ce jour, plus de 640 unités de ce jeu ont été vendues au petit magasin. 

«Les gens venaient le chercher et disaient juste “le jeu”, ils ne voulaient pas dire le mot [osti]», raconte-t-elle en riant. 

Selon elle, la majorité des clients de sa boutique cherchent davantage un cadeau spécial, plutôt qu’un prix.  

Elle a d’ailleurs gardé les petits cadeaux adaptés aux baptêmes et aux premières communions, qui sont maintenant difficiles à trouver.