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Divergences dans les signaux

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Photo Agence QMI, Toma Iczkovits Stephen Bronfman et Pierre Boivin avaient présenté le projet du stade de baseball dans le secteur du bassin Peel devant l’Office de consultation publique de Montréal en octobre dernier.

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Stephen Bronfman et Stuart Sternberg jouent-ils un jeu ou sont-ils mélangés dans leurs signaux ? En ce qui me concerne, il m’est difficile d’imaginer que M. Bronfman n’a pas avisé M. Sternberg avant d’informer mon collègue Réjean Tremblay que son groupe deviendrait actionnaire des Rays de Tampa Bay au cours des prochains mois. 

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Le propriétaire des Rays a démenti les affirmations de M. Bronfman, mais pas totalement. M. Sternberg a précisé que le groupe d’investisseurs intéressé à ramener une équipe du baseball majeur à Montréal ne deviendrait pas copropriétaire de son équipe tant que la construction d’un stade ne serait pas commencée chez nous. 

Réponse bientôt 

Or, cela pourrait se produire plus vite que M. Sternberg pourrait le penser. On devrait connaître au cours des prochaines semaines la position de l’Office de consultation publique de Montréal en ce qui a trait au projet du stade au bassin Peel. 

Les promoteurs s’attendent à une réponse positive. Dans un tel scénario, les pelles mécaniques pourraient s’activer l’an prochain ou en 2022. Mais ça pourrait être reporté à beaucoup plus tard si les Rays n’arrivent pas à se sortir du bail qui les lie à la Ville de St. Petersburg jusqu’en 2027 pour l’utilisation du Tropicana Field. 

Voilà pour cet aspect. 

Pendant ce temps, la grande question demeure. 

Deux villes peuvent-elles se partager une équipe en copropriété ? 

L’exemple Montréal–Porto-Rico n’entre pas dans cette catégorie. Les Expos étaient sous la tutelle du baseball majeur, qui pouvait agir à sa guise. Le concept n’était que temporaire. 

À part cet épisode, il n’est jamais arrivé en 150 ans d’histoire qu’une équipe de la MLB vive en garde partagée dans deux villes avec deux propriétaires à sa tête. Si le commissaire Rob Manfred affirme que l’idée n’est pas si folle, les sceptiques sont très nombreux. J’en suis. Le concept risque d’être difficile à vendre. 

Comment pourra-t-on convaincre les amateurs de Montréal et de la région de St. Petersburg-Tampa qu’ils y trouveront chacun leur compte ? 

Beaucoup de questions sont sans réponses pour l’instant. 

Changement de discours 

Par ailleurs, M. Bronfman a tenu des propos fort différents dans le reportage de Réjean Tremblay par rapport à ce à quoi il nous avait habitués dans le passé. 

Lors des premières années, il se disait ouvert à toutes les options. Il était prêt à acheter une équipe via une expansion ou par le biais d’un déménagement, peu importe. L’argent ne posait pas de problème. 

Maintenant, il avoue qu’un investissement de deux milliards pour une équipe d’expansion aurait représenté un stress énorme pour l’homme fortuné qu’il est. 

La valeur des équipes sportives nord-américaines augmente d’année en année. L’an dernier, la revue financière Forbes évaluait la valeur des 30 équipes de la MLB à un milliard de plus.  

Les Rays venaient au 29e rang à 1,01 G$, devant les Marlins de Floride, qui étaient évalués à 1 G$. Les Yankees de New York occupaient évidemment le premier rang à 4,6 milliards ! 

Dépenser pour gagner 

Au chapitre des salaires, la moyenne des masses salariales en vue de la saison qui approche se chiffre à 129,8 millions $. Plus de la moitié des équipes, soit 17, se situent au-dessus de ce montant. Le nombre de formations dont l’enveloppe salariale dépasse les 100 M$ est de 18. 

On retrouve les Rays au 27e rang avec une masse de 57,9 M$. Leurs cousins de la Floride, les Marlins de Miami, ferment la marche avec une modeste somme dépassant 36 millions. Les Yankees de New York dominent avec 219 M$, suivis des Astros de Houston à 205 M$. Mais c’est le jeu. 

Charles Bronfman a vendu les Expos parce qu’il ne voulait plus se prêter à cette folle surenchère. Il a peut-être dit à son fils Stephen de ne pas embarquer là-dedans. Mais celui-ci veut revivre une passion de jeunesse. 

Les amateurs de baseball québécois se croisent les doigts. Ce serait bien de ravoir une équipe en ville, mais espérons que ça suivra la tradition. 

Bravo Alex ! 

Alex Anthopoulos vient d’ajouter un nouveau fleuron à son beau palmarès. Les Braves d’Atlanta l’ont promu président des opérations baseball, lui qui occupait déjà les fonctions de directeur général. 

Chaque fois que ce Montréalais d’origine obtient une nouvelle nomination, je me remémore son cheminement hors du commun. À la mort de son père, il hérita de son entreprise spécialisée en restauration de systèmes de chauffage et de ventilation. Mais, après quelques années, il en eut assez. 

Un passionné 

Le baseball étant sa passion, il se joignit à l’organisation des Expos à titre d’employé bénévole. Son premier travail était de trier le courrier destiné aux joueurs. Pendant les matchs, il s’asseyait aux côtés des recruteurs et
prenait ses propres notes. 

Tout a déboulé à partir de là. 

Il est devenu coordonnateur au recrutement chez les Expos, puis recruteur pour le compte des Blue Jays de Toronto. 

Il a été ensuite directeur général des Blue Jays, puis vice-président aux opérations baseball avec les Dodgers de Los Angeles, avant de se retrouver avec les Braves. 

Beaux succès 

Son parcours n’est pas sans rappeler celui de Danny Maciocia, qui n’avait aucun intérêt pour le cabinet d’assurances appartenant à ses parents. Lui aussi a travaillé bénévolement pour les Alouettes. C’est sa conjointe qui emmenait l’argent à la maison. 

Les équipes dirigées par Anthopoulos connaissent du succès. Sous sa direction, les Blue Jays ont participé, en 2015, aux séries éliminatoires pour la première fois depuis 1993. Ils se sont inclinés, en série de championnat de la Ligue américaine, devant les Royals de Kansas City, qui ont remporté, éventuellement, la Série mondiale contre les Mets de New York. 

Les Braves ont terminé en tête de la Division Est de la Ligue nationale lors de ses deux premières années avec l’équipe. 

On ne connaît pas l’avenir, mais Anthopoulos serait l’homme tout désigné pour être le directeur général d’une future équipe à temps plein à Montréal.  

Son contrat a été prolongé jusqu’en 2024, année où on pourrait assister au retour du baseball majeur chez nous.