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LCF: le commissaire n’a rien contre les Québécois

LCF: le commissaire n’a rien contre les Québécois
MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

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MONTRÉAL | C’est bien mal connaître le commissaire de la Ligue canadienne de football (LCF), Randy Ambrosie, de croire qu’il déteste les Québécois.  

Or, la vente des Alouettes aux Ontariens Gary Stern et Sid Spiegel plutôt qu’à des intérêts du Québec, en janvier, a pu donner cette impression.  

«Il n’y a rien dans mon passé et il n’y a rien dans mon cœur qui pointe dans cette direction», a affirmé Ambrosie, avec conviction, lorsque confronté à l’épineuse question. «Quiconque me connaît le sait. Je n’aime pas me décrire comme quelqu’un de trop sensible, mais c’est le genre de choses qui me touche directement. C’est blessant d’entendre quelqu’un dire que la vente de l’équipe pourrait avoir un lien avec quelque chose comme ça.»  

De passage à Montréal mardi, le commissaire enchaînait les entrevues individuelles avec différents médias dans une salle du Centre Sheraton dans le cadre de sa tournée pancanadienne «Randy sur la route». D’abord un peu surpris, l’homme de 56 ans n’a pas été offusqué qu’on ait abordé le sujet du lien qu’il entretient avec les Québécois. Il l’a plutôt embrassé.  

Des rencontres inspirantes  

Originaire de Winnipeg, Ambrosie a brièvement parlé de son bon ami Pierre Vercheval, un ancien coéquipier chez les Eskimos d’Edmonton que ses trois filles appellent désormais «oncle Pierre». Puis, il a rappelé ses nombreux jours passés à Montréal, soit «environ 120 par année», à l’époque où il était président directeur général de la firme d’investissement MacDougall, MacDougall & MacTier, de 2012 à 2016.  

Concernant la vente des Alouettes, Ambrosie assure remercier tous ceux ayant démontré de l’intérêt, y compris le Québécois Éric Lapointe, avec lequel il n’est finalement pas parvenu à s’entendre. La saga, durant laquelle la LCF a eu le mandat de trouver les nouveaux propriétaires, aura été longue et pénible.  

«Si je me sens mieux aujourd’hui qu’il y a un an? La réponse est oui, a convenu le commissaire. Mais je veux m’assurer que l’on sache que je suis pleinement conscient de tous ces gens remarquables que nous avons rencontrés durant le processus de vente, des gens passionnés qui aiment les Alouettes et la LCF. Nous avons parlé à plusieurs Québécois ayant réussi financièrement et c’était inspirant de voir leur passion.»  

Un reflet de la société  

Sa décision finale d’opter pour Stern et Spiegel, assure-t-il, n’a donc absolument rien à voir avec quelconque forme de racisme. C’était surtout une question financière. Et s’il aime lui-même le peuple québécois, qu’en est-il dans les vestiaires de la Ligue canadienne de football? Peut-il exister un mouvement anti-francophone chez certaines équipes?  

«Je pense qu’il y a du racisme dans la société, et nous sommes plusieurs à combattre ça, a-t-il statué. L’une des forces de la LCF, c’est d’accueillir des gens de différentes cultures. Est-ce que la situation est parfaite? Non. Nous avons encore beaucoup de travail à faire, et c’est vrai à travers la planète. Ceci dit, je pense qu’il est juste de croire que nous vivons à une époque effrayante présentement, mais pour des raisons que je ne comprends pas nécessairement. Les gens semblent parfois axés davantage sur ce qui nous différencie plutôt que sur ce qui nous unit. Du côté de la LCF, on veut s’ouvrir sur le monde et construire des ponts plutôt que des murs.»