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Bombardier Transport: le contenu local devient crucial

Tramway
Photo courtoisie La CSN souligne qu’il y a actuellement six projets de tramway sur la table à dessin au Québec, dont celui de la capitale nationale.

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Afin d’éviter un possible démantèlement des installations de Bombardier Transport au Québec, bientôt la propriété d’Alstom, le gouvernement devra maintenir l’exigence «d’un seuil minimal de 25 % de contenu local» pour chaque commande de trains, métros ou tramways et peut-être même revoir ce pourcentage à la hausse.  

C’est du moins l’avis du maire de La Pocatière, Sylvain Hudon, et du président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Jacques Létourneau. 

«Au cours des dernières années, nous avons perdu beaucoup de production au Québec en raison de la concurrence à l’étranger», déplore M. Létourneau. «Il faut être vigilant! Alstom, c’est la même entreprise qui est en train de construire des trains du REM en Inde», rappelle-t-il.  

D’où l’importance, estime le président, d’avoir systématiquement pour chaque grand projet de mobilité une entente pour du contenu local. 

En 2018, Bombardier Transport avait aussi perdu un contrat de près de 1 milliard $ lorsque VIA Rail a préféré la multinationale Siemens pour le renouvellement de son parc du corridor Québec-Windsor.  

Au moins 25 % 

Pour le contrat de tramway à Québec de 3,3 milliards $, le gouvernement prévoit déjà exiger 25 % de contenu canadien. 

Il s’agit d’un chantier, si Alstom (Bombardier Transport) l’obtenait, qui pourrait apporter du boulot aux 400 travailleurs de l’usine de La Pocatière. Leurs commandes actuelles pour le métro de Montréal se termineront en 2021.  

Bombardier Transport a aussi un centre d’ingénierie à Saint-Bruno, et l’entreprise Alstom a une usine à Sorel-Tracy.  

«Si les Américains ne se gênent pas pour favoriser Boeing et les Français ne se gênent pas pour privilégier Alstom, pourquoi on ne le ferait pas ici?», demande M. Létourneau. 

À titre de comparaison, en raison du Buy America, le gouvernement des États-Unis prescrit un seuil de 70 % de contenu américain pour des projets de transports. En Chine, c’est entre 70 % et 90 %. 

«Il faut que l’achat local soit plus élevé qu’avant. Pour le 25 %, il faut maintenir cette décision, peut-être même augmenter ce pourcentage. Un dollar investi en Chine n’aura jamais la même retombée qu’un dollar au Québec», répond M. Hudon. 

À La Pocatière, Bombardier Transport est le principal employeur privé. 

Pas d’augmentation des tarifs 

Par ailleurs, l’achat pour 10,68 milliards $ de Bombardier Transport par Alstom ne devrait pas avoir d’impact sur la facture du tramway de Québec.  

Selon Yan Cimon, professeur à la Faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval, de nouveaux joueurs pourraient profiter de cette transaction pour tenter de percer davantage le marché canadien dans le domaine du transport, comme CRRC, Siemens, CAF ou Hyundai Rotem. 

Il est aussi d’avis que l’exigence de 25 % de contenu local est un outil nécessaire pour permettre à La Pocatière «de se démarquer». 

–Avec Simon Gamache Fortin, Agence QMI 


L’annonce officielle de la vente de Bombardier Transport à Alstom a été accueillie avec soulagement par les travailleurs de l’usine de La Pocatière.