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Le «squeeze» de Bronfman

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J’ai très souvent visité le Stade olympique lorsque la fièvre du baseball s’emparait de Montréal. Dans l’interminable agonie précédant le départ des Expos, je me suis lassé. Mais je suis excité à l’idée du retour du baseball chez nous. Assister à des matchs en plein air un soir d’été, vue imprenable sur le centre-ville en prime, j’y pense et ça m’emballe. 

Le papier rempli de primeurs de mon confrère Réjean Tremblay me rallume. Aussi beau soit-il, ce « pitch » de vente absolu de Stephen Bronfman ne parvient toutefois pas à dissimuler une stratégie de communication devant ce qui a toute apparence d’une urgence d’agir. 

La Ville de Montréal doit publier sous peu un rapport à la suite de la consultation publique de l’automne. La Ville a le pouvoir de s’immiscer entre Justin Trudeau et son ami Stephen Bronfman afin de faire avorter la vente du terrain au bassin Peel, un joyau de 900 000 pieds carrés. 

Dois-je préciser que si Denis Coderre avait été réélu, la pelle ayant servi la première pelletée de terre serait déjà rendue à Cooperstown ? 

Démenti inoffensif 

Est-ce que Valérie Plante va approuver ce gigantesque projet pour 40 matchs de baseball pis un festival de Noël par année ? 

Si au moins il y avait eu les Alouettes, mais le baseball majeur ne veut pas de deux locataires permanents dans ces stades. On comprend mieux pourquoi les Moineaux ne sont pas passés aux mains de Claridge. 

D’autre part, il faut se formaliser du démenti offert par Stuart Sternberg, propriétaire des Rays. C’est le camp d’entraînement, des tickets et des droits de commandites doivent être vendus, un minimum de nuance permet de comprendre son énoncé. 

Bonne idée ?  

Toutefois, les irritants du projet Bronfman demeurent nombreux. D’abord la garde partagée. La négocier avec le Canadien pour les services de Youppi eût été ludique. Mais l’appliquer au calendrier régulier du club à chaque saison ? Ajoutons qu’en séries, l’équipe va de toute évidence jouer à Tampa. L’amateur d’ici va finir par le prendre personnel. 

Cette histoire de partage est saugrenue. Même les plus irréductibles du retour du baseball abrillent leur conscience en se convainquant qu’après 2028 le club sera ici en permanence. 

Dans les faits qu’en est-il vraiment ? 

Le sentiment d’appartenance est indissociable au succès d’une équipe professionnelle. Dans le cas qui nous occupe, il sera difficile à sceller pour les amateurs comme pour les joueurs. 

Propos grotesque 

Quant à l’argument du manque de fric émis par Bronfman pour s’inscrire en faux à la perspective d’acquérir un club d’expansion, laissez-moi rire. Si vous connaissez une seule personne qui croit que le groupe Canada Inc de Bronfman n’a pas les ressources financières voulues, présentez-lui un mulet, il y verra une licorne. Ce propos est carrément grotesque et il insulte l’intelligence des amateurs québécois. 

Oh ! J’oubliais ! L’équipe ne s’appellera pas les Expos. Quoi ? Exit le plus beau logo de l’histoire du baseball ? Exit la casquette la plus vendue chez les moins de 30 ans ? Cout’donc, veulent-ils vraiment que ça marche ? Je veux dire le baseball, pas les condos...