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Serrer la main du diable

Justin Trudeau et Mohammad Javad Zarif
Photo tirée Twitter Justin Trudeau et Mohammad Javad Zarif

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La vidéo, tournée lors de la rencontre de Munich sur la sécurité, vendredi dernier, dure une vingtaine de secondes. 

On voit Justin Trudeau serrer chaleureusement la main du ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif. 

Quand je dis « chaleureusement », c’est « chaleureusement ». 

Un sourire large comme ça dans la face, tenant la main du ministre entre ses deux mains, et penchant la tête en signe de respect. 

Comme s’il avait rencontré le dalaï-lama.   

FROID DANS LE DOS 

Or, Mohammad Javad Zarif n’est pas un chef spirituel. 

C’est un ministre sénior d’un pays qui a abattu volontairement et de sang-froid un avion commercial qui transportait 176 personnes innocentes, dont 57 Canadiens. 

La vidéo ne dure qu’une vingtaine de secondes, mais elle donne froid dans le dos. 

D’ailleurs, qui l’a rendue publique ? 

Le gouvernement iranien lui-même. 

Pas étonnant... 

Vous imaginez le cadeau que Justin Trudeau leur a fait ? 

Le président Hassan Rohani ne doit pas en revenir. 

On l’imagine se frottant les mains : « Regardez, même le premier ministre d’un pays qui a perdu 57 personnes dans cet incident ne nous en tient pas rigueur ! Il est tout content de serrer la main de notre ministre des Affaires étrangères ! » 

Quant aux familles des victimes canadiennes, elles ne décolèrent pas.  

On les comprend. 

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Le premier ministre canadien qui penche la tête en signe de respect devant un ministre sénior d’un gouvernement qui a tué 57 de ses compatriotes !!! 

LE PRIX DE LA DIPLOMATIE ? 

« J’ai fait la promesse à ces familles qu’elles obtiendraient des réponses à leurs questions », a dit Justin Trudeau pour justifier son comportement. 

En d’autres mots : c’est le prix de la diplomatie, il faut se montrer courtois pour faire avancer un dossier, on ne gagne rien à se mettre des chefs d’État à dos. 

Nous comprenons, nous ne sommes pas idiots. 

Diplomatie rime avec hypocrisie, tout le monde sait ça. 

Mais il y a une différence entre serrer la main d’un politicien de façon « diplomatique », en se gardant une petite gêne, parce que c’est la tradition et qu’on ne veut pas envenimer les relations entre les deux pays... et faire des salamalecs ! 

Prendre les deux mains du bonhomme dans les siennes, multiplier les sourires, pencher la tête pour manifester son estime... 

Pourquoi pas une tape amicale dans le dos, tant qu’à faire ? 

« Un p’tit gin tonic, mon Mohammad ? » 

TOUT EN SURFACE 

Je suis sûr que même ceux qui ont voté pour Justin Trudeau se posent des questions. 

Se pourrait-il qu’il ne soit pas à la hauteur et qu’il ne possède pas les qualités nécessaires pour être PM ? 

Ma réponse : « Duh ! » 

Regardez sa vitesse de réaction dans le dossier du blocus ferroviaire et dans celui des Canadiens prisonniers du Diamond Princess ! 

Justin Trudeau est tout en surface, et la surface craque de partout. 

L’élection de Justin Trudeau à la tête du Parti libéral du Canada n’était qu’une vaste opération de relations publiques destinée à faire oublier les choix de Stéphane Dion et de Michael Ignatieff à la tête du parti.   

Comme la compagnie Planters qui s’est débarrassée de Mr. Peanut.