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Une Paix des Braves bis?

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Photo Reuters La Grande alliance signée en grande pompe entre Québec et le Grand Conseil des Cris lundi rappelle pourtant que le leadership politique est capable de surmonter les pires appréhensions.

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La crise actuelle illustre à quel point la promesse de réconciliation avec les Premières Nations est difficile. Il faut l’avouer, on ne finit par parler de ces enjeux sérieusement que lorsqu’une crise éclate.

C’est navrant. L’histoire se répète.

Comme l’a fait remarquer lundi le grand chef des Cris, Abel Bosum, « c’est ce qui se produit lorsque vous n’écoutez pas les peuples autochtones. L’histoire a démontré à maintes reprises que rien de bon ne vient du fait de forcer le développement des Premières Nations ».

En effet, la Grande alliance signée en grande pompe entre Québec et le Grand Conseil des Cris lundi rappelle pourtant que le leadership politique est capable de surmonter les pires appréhensions.

La Grande Alliance

Ce pacte de 4,7 milliards de dollars met en lumière tout ce qui cloche dans le développement des grands projets comme TransMountain ou le Coastal Gas Link ailleurs au pays.

Ce sont les Cris qui ont défini le projet, l’ont vendu à leurs communautés. C’est à mille lieues de ces autres mégaprojets, où on tente d’acheter l’appui des Premières Nations une fois que l’essentiel a déjà été décidé. À bout de souffle, les communautés le long du tracé finissent par signer pour grappiller un brin de prospérité.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

C’est parce qu’il y a eu la Convention de la Baie-James, puis la Paix des Braves, que 18 ans plus tard les Cris et le gouvernement Legault sont capables de jeter les bases d’un immense pacte économique.

La méfiance a été surmontée. Ici, il n’y a pas de bras de fer entre chefs héréditaires, traditionalistes, conseils de bande et militants. Ici, on négocie vraiment de Nation à Nation. 

Comme quoi régler des enjeux complexes de gouvernance et de droits territoriaux peut se révéler une solution gagnante pour tous.

Pourquoi pas ailleurs ?

Or, il est tout aussi révélateur que François Legault en soit réduit à répéter en 2020 sa promesse électorale de 2018, celle de négocier des « Paix des Braves 2.0 » avec les autres Premières Nations du Québec.

Et depuis ? Si peu.

Pas mal plus difficile d’ouvrir la voie auprès d’une nouvelle Nation autochtone que de récolter ce qui a déjà été semé. Ceci étant dit, pour négocier, ces Nations et communautés doivent, enfin, régler leur cadre politique, tout comme l’ont fait les Cris.

Ted Moses et Bernard Landry avaient pavé la voie en 2002, il est malheureux que les leaders autochtones et nos dirigeants n’aient pas su s’en inspirer plus largement.