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Nouveau tracé: le tramway en plein milieu de la cour de l’école De Rochebelle

Rochebelle « abasourdie » de voir le nouveau tracé passer sur ses terrains de soccer

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Photo courtoisie Une esquisse qui présente le pôle d’échanges imaginé sur les terrains d’Industrielle Alliance.

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​Le nouveau tracé du tramway à Sainte-Foy va «défigurer» le campus de l’école secondaire De Rochebelle et mettre en péril la sécurité des élèves, s’inquiète le directeur de la commission scolaire.  

La nouvelle est tombée il y a quelques jours à la commission scolaire des Découvreurs, qui se dit «abasourdie».    

Le directeur général, Christian Pleau, a appris par l’administration de la Ville de Québec que le tramway allait circuler non plus en tunnel, mais directement sur les terrains de l’école secondaire De Rochebelle, en surface.    

Le Journal a obtenu la carte du nouveau tracé préconisé par la Ville pour son tramway.    

Avec le choix de déménager le pôle d’échanges ouest du réseau structurant prévu au Phare, la Ville de Québec revoit le tracé du tramway qui passera maintenant sur les terrains de l’école secondaire De Rochebelle.
Avec le choix de déménager le pôle d’échanges ouest du réseau structurant prévu au Phare, la Ville de Québec revoit le tracé du tramway qui passera maintenant sur les terrains de l’école secondaire De Rochebelle.

Il circulera dans le prolongement de l’avenue Roland-Beaudin, poursuivra en ligne droite et passera en plein milieu de deux terrains de soccer de l’école, dont un synthétique.    

Ce qui inquiète surtout M. Pleau, c’est la sécurité des élèves qui est selon lui compromise.    

«On ne voit pas où est l’acceptabilité sociale d’un tramway qui circule au milieu d’une cour d’école, où se déplacent quotidiennement plus de 2500 élèves. Je ne peux pas cautionner ça comme directeur général d’une commission scolaire. [...] C’est un retour en arrière qui vient exacerber nos inquiétudes.»    

Perte de quiétude   

Outre la sécurité, le directeur craint pour la perte de quiétude et la «défiguration d’une cour d’école».    

«Ça nous apparaît difficile de dire qu’il n’y aura pas de secousses, de tremblement par rapport aux classes qui sont près du tramway.»   

Selon M. Pleau, très peu de citoyens seront en accord avec un tel tracé.    

«Scinder en deux un campus scolaire, juste évoquer ça, ça ne m’apparaît pas acceptable socialement.»    

À proximité, il y a le centre d’éducation aux adultes Le Phénix, le centre de formation professionnelle Marie-Rollet et l’école secondaire, qui à elle seule compte 1800 élèves de 12 à 18 ans.  

Dépassés  

«Pour nous, c’est un sentiment d’incompréhension et même d’incrédulité qui nous habite, au moment où on se parle», a exprimé le directeur général.    

Pour ce qui est de la perte des terrains de sport, M. Pleau présume que la Ville les aidera à les relocaliser.    

«C’est pas une question d’argent ni de vouloir mettre des bâtons dans les roues d’un projet de tramway. On s’inquiète de la capacité d’opérer un campus scolaire de façon adéquate.»    

Il compte maintenant interpeller la Ville et ses élus. «On a toujours eu une bonne collaboration avec la Ville. Ils avaient pris en compte nos réticences. J’ose espérer que la Ville est toujours en mode écoute.»    

Le pôle d’échanges près de la route de l’Église ?  

Une esquisse qui présente le pôle d’échanges imaginé sur les terrains d’Industrielle Alliance.
Photo courtoisie
Une esquisse qui présente le pôle d’échanges imaginé sur les terrains d’Industrielle Alliance.

Les plans du nouveau tracé du tramway laissent entrevoir que le futur pôle d’échanges ouest du réseau structurant se situerait près de la route de l’Église.    

La carte à laquelle a eu accès Le Journal montre que le tramway traversera le boulevard Hochelaga, juste en face d’un terrain de stationnement qui appartient à Industrielle Alliance (iA).    

À proximité, deux autres lots pourraient aussi être dans la ligne de mire: un stationnement appartenant à la Société québécoise des infrastructures (SQI) et le site du Canadian Tire.     

Lundi, le maire Régis Labeaume a affirmé que la Ville cherchait un terrain entre Lavigerie et la route de l’Église pour son pôle d’échanges, après l’abandon du site du Phare, et qu’il serait prêt à exproprier si nécessaire.    

Entreprise silencieuse  

Une esquisse qui présente le pôle d’échanges imaginé sur les terrains d’Industrielle Alliance.
Photo courtoisie
Une esquisse qui présente le pôle d’échanges imaginé sur les terrains d’Industrielle Alliance.

Malgré ses nombreuses sorties publiques, l’assureur iA Groupe Financier refuse maintenant d’émettre des commentaires.    

Récemment, la direction avait concédé au Journal avoir eu d’autres discussions avec la Ville au sujet de leur projet. Des esquisses très précises avaient d’ailleurs été préparées il y a quelques années pour illustrer un futur pôle sur ses terrains.    

La porte-parole de Canadian Tire, Cindy Hoffman, s’en est tenue à cette courte déclaration: «Nous sommes en communication avec la Ville afin de bien évaluer l’impact des projets sur notre magasin.»    

Quant à la SQI, le porte-parole Martin Roy a indiqué que l’organisation ne ferait aucun commentaire puisqu’elle est impliquée dans le projet.    

Dans un mandat de 730 000 $ sur quatre ans, elle «accompagne et supporte le bureau de projet» dans ses représentations auprès du gouvernement du Québec.    

Les autres propriétaires de l’îlot ont indiqué n’avoir eu aucun échange avec la Ville.    

C’est le cas de Cominar, qui détient le site à l’angle Lavigerie-Laurier qui a déjà hébergé Le Bâton Rouge.    

«Nous n’avons pas eu d’approche ou de discussion avec la Ville et il n’est pas à vendre», a dit le président et chef de la direction, Sylvain Cossette.