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Les «stylos rouges» québécois

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En marge de leur syndicat, les enseignants français avaient déployé leurs revendications durant la crise des « gilets jaunes » sous l’enseigne des « stylos rouges ». À l’instar des cousins français, quelques enseignants québécois ont produit un manifeste pour exprimer leur exaspération et réclamer des changements.

Représentativité syndicale

Lorsque le mouvement des « stylos rouges » a émergé dans une France où le taux de syndicalisation des enseignants est très élevé, j’y voyais un certain désaveu relativement à la capacité de leur syndicat de pouvoir porter avec crédibilité et efficacité leurs aspirations. Le comportement des enseignants québécois m’a ravivé ces interrogations sur la crédibilité que les membres octroient à leur syndicat.

Il faut savoir qu’en France l’adhésion syndicale est individuelle et que dans une même école, on retrouve plus d’un syndicat pour représenter les enseignants. Ainsi, la concurrence syndicale et la multiplicité des organisations complexifieraient le travail de synthèse des préoccupations professionnelles des enseignants et l’élaboration de revendications rassembleuses, d’où l’émergence de mouvements parallèles aux syndicats.

En prenant connaissance des propos de la principale initiatrice du manifeste enseignant québécois qui se défend d’une quelconque ascendance syndicale dans son projet, je revois le scénario français. Celle-ci compte remettre en main propre le manifeste signé par des milliers de collègues et de citoyens au ministre Roberge. Les enseignants craindraient-ils que leurs aspirations professionnelles soient moins crédibles si elles sont défendues par leur syndicat ?

La leçon

Il semble qu’il n’y ait pas que les Autochtones qui éprouvent un système complexe de gouvernance. Entre les voix officielles des enseignants et les cris du cœur du milieu, le ministre peut naviguer à sa guise en laissant planer le doute sur la représentativité des syndicats et en renvoyant les individus à leurs représentants.

L’unité, la cohérence et la cohésion s’imposent impérieusement aux syndicats dans une telle conjoncture !