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On n’est pas sorti de l’auberge

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Le gouvernement Trudeau a pour une première fois levé le voile sur la nature de ses négociations avec certaines communautés autochtones. Et ce n’est pas rassurant.

Depuis le début de la crise des blocus, les libéraux se font avares de commentaires quant à leur stratégie.

On sait que : 

1. Ils travaillent fort pour faire lever les blocus ;

2. Ils privilégient une solution négociée.

Pour le reste, les Canadiens sont dans le noir. À la défense de Justin Trudeau, redisons-le, il s’agit d’une situation éminemment complexe. 

Pour le gouvernement, la prochaine étape consiste en une rencontre face à face entre les chefs héréditaires de la nation Wet'suwet'en et la ministre des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett.

Or, on a appris hier que cette rencontre pourrait avoir lieu dans seulement deux semaines !

« Il était question qu’on se réunisse à la fin du mois. Nous souhaitons plutôt une rencontre le plus rapidement possible », a dit la ministre Bennett en mêlée de presse.

On n’est pas sorti de l’auberge...

Les propos de Mme Bennett donnent tout son sens à la sortie de chefs des Premières Nations hier matin. Ces derniers ont à l’unisson demandé à tous les partis de s’asseoir à la même table. 

Le grand chef mohawk de Kanesatake, Serge Simon, y est même allé d’un vibrant plaidoyer pour la levée des blocus afin de donner une chance à la négociation. Pour ajouter à ce bourbier, son appel a été reçu froidement par certains membres de sa communauté, qui ont carrément exigé sa tête...

Un plan ?

Pour de nombreux Canadiens, l’adresse de Justin Trudeau au Parlement tombera à plat. Le premier ministre en a encore une fois appelé à la patience, et à une solution rapide et négociée. Aucune trace d’un plan de sortie de crise.

La vacuité du propos met en lumière l’impuissance du gouvernement qui semble dépassé par les événements. 

Justin Trudeau n’a fait que jeter de l’huile sur le feu en excluant le chef conservateur Andrew Scheer d’une rencontre avec les autres chefs de parti. Pour résoudre la crise, M. Trudeau plaide pour un dialogue ouvert, particulièrement « avec ceux avec qui nous ne sommes pas d’accord ». 

Il n’a pas eu la sagesse de joindre le geste à la parole.