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L’ex-animateur Éric Salvail s’est soumis trois fois au polygraphe

Il a affirmé avoir quitté Radio-Canada deux mois avant l’agression alléguée

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Éric Salvail s’est soumis trois fois au détecteur de mensonges pour tenter d’éviter que des accusations d’agression sexuelle soient déposées contre lui, a-t-on appris mercredi alors que l’animateur déchu témoignait pour sa défense.

Éric Salvail, photographié ici mardi, a pris la parole pour la première fois depuis sa mise en accusation mercredi, en témoignant devant le juge Alexandre Dalmau.
Photo d'archives, Chantal Poirier
Éric Salvail, photographié ici mardi, a pris la parole pour la première fois depuis sa mise en accusation mercredi, en témoignant devant le juge Alexandre Dalmau.

Celui qui se présente toujours comme un producteur a affirmé avoir appris dans les médias qu’il pourrait faire face à la justice, en mai 2018.Par l’entremise de son avocat, Michel Massicotte, Salvail a ensuite découvert que la Couronne envisageait de porter des accusations concernant trois plaignants.

« Il n’y avait qu’une personne sur les trois que je pouvais identifier. Les deux autres ne me disaient rien », a-t-il précisé au juge Alexandre Dalmau, ajoutant ne pas se souvenir de Donald Duguay.

À l’automne 2017, plusieurs personnes ont dénoncé des inconduites sexuelles de l’ancien animateur dans un reportage de La Presse.

L’ex-vedette de 50 ans était alors disparue du paysage télévisuel.

« Mon objectif, c’était que des accusations ne soient pas déposées. Il n’y a rien d’intéressant à avoir des accusations contre soi, particulièrement quand on est une personnalité publique », a-t-il souligné mercredi, au palais de justice de Montréal.

Salvail a donc offert à la police de passer un test polygraphique.

Pas admissible en cour

Au final, il s’est soumis trois fois au détecteur de mensonges en octobre 2018, mais les résultats n’ont pas été dévoilés devant le tribunal, puisque cela n’est pas admissible en preuve.

L’ancien roi de la chaîne V a même remis ses agendas des années 1990 aux enquêteurs, dans l’espoir de mettre en doute des allégations des plaignants.

Malgré tous ses efforts, Salvail a néanmoins été inculpé en janvier 2019 d’agression sexuelle, de séquestration et de harcèlement envers Donald Duguay seulement.

Les crimes reprochés seraient survenus alors que les deux hommes travaillaient à Radio-Canada, entre avril et novembre 1993.

Plus employé

Mercredi, une fonctionnaire du diffuseur public a fourni à la cour le dossier d’emploi complet d’Éric Salvail.

Selon le document de 203 pages, l’accusé n’aurait œuvré au département du courrier qu’en 1991, trois semaines au début de l’année 1993 et un mois durant le même été. Cela vient contredire le récit du plaignant qui soutenait l’avoir formé pour cet emploi en avril 1993.

Et Salvail aurait cessé d’être à l’emploi de Radio-Canada le 13 août 1993.

« Après, je n’ai pas vraiment eu à revenir dans le building. J’ai eu à y revenir plus tard dans ma vie », a renchéri l’accusé.

Or, une partie importante du témoignage de la présumée victime réfère à un événement qui se serait produit dans une salle de bain de la tour du boulevard René-Lévesque, en octobre 1993.

Duguay a affirmé avoir été plaqué au mur par l’accusé, qui frottait son pénis sur lui, tout en tentant d’enlever le pantalon du plaignant.


♦ Éric Salvail poursuit son témoignage jeudi.