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Tramway de Québec: quelles leçons peut-on tirer d’Ottawa?

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Après six ans de construction, Ottawa vient de lancer son train léger, un projet assez similaire à l’implantation du tramway à Québec. L’équipe de TVA Nouvelles s’est rendue sur place pour recueillir des conseils, mais aussi pour voir quelles erreurs il faut éviter de reproduire dans le mégaprojet du réseau structurant de transport en commun de la Capitale-Nationale.  

Puisque le réseau SRB d’Ottawa ne répondait plus à la demande et causait même de la congestion importante, la municipalité a décidé de se doter d’un train léger circulant dans les voies réservées aux autobus. La construction de la première phase du O-Train aura été livrée avec 456 jours de retard. Le trajet de 13 stations s’étend sur 12,5 km, dont une partie en tunnel.     

Même après l’implantation les critiques sont vives; dépassement de coûts, pannes liées à la neige, manque de transparence, etc.   

Éviter de voir la vie en rose 

Rencontré dans son bureau d’Ottawa, Jean Cloutier, le vice-président du comité de transport de la Ville, offre des conseils à l’administration de Régis Labeaume.   

D’abord, il reconnaît que son organisation a été trop optimiste quand il était question du projet.     

«À l’intérieur d’un projet comme ça, il y aura toujours des problèmes. Il ne faut pas dire aux gens que tout sera rose, tout sera comme un arc-en-ciel. On aurait dû être un peu plus réaliste», a-t-il lancé.    

Il admet que son administration aurait dû mieux gérer les attentes des citoyens et suggère à Québec d’être encore plus honnête et transparente avec les citoyens.   

Le député du NPD Joel Harden assure que les problèmes techniques et les nombreux arrêts de service ont carrément nui à la crédibilité de la société de transport, OC Transpo.   

Des centaines de plaintes ont été reçues en quelques mois. Jean Cloutier admet que le projet aurait dû être livré plus tard. Ils auraient dû faire plus de tests . «Il y a avait énormément de pression des usagers», a -t-il expliqué.     

De meilleurs matériaux  

Problèmes avec les portes, problèmes d’aiguillage causés par la neige, problèmes électriques causés par la poussière, etc. À Ottawa, la météo a causé bien des maux de tête aux responsables du O-Train.   

Le conseiller municipal Mathieu Fleury aurait souhaité une technologie mieux adaptée ou encore plus de tests effectués dans des conditions hivernales.     

«Les défaillances, c’est au niveau de la qualité du produit. Comme Ottawa, Québec a un hiver, il semblerait que les technologies qui ont été utilisées n’étaient pas perfectionnées pour ces environnements-là», a-t-il affirmé.   

Il suggère à la Ville de Québec de prolonger la période de transition entre les anciens et les nouveaux modes de transport, afin d’éviter d’avoir à réagir dans l’urgence en cas de pépin.   

Il faudrait aussi définir clairement qui paiera les dépassements de coûts. À Ottawa, en raison des retards, une facture de 34 millions de dollars s’est ajoutée au budget initial de 2,1 milliards.   

Inclure les villes avoisinantes 

Le maire de Gatineau Maxime Pedneaud-Jobin n’a pas été consulté lors de la construction du train léger. Il implore le maire de Québec de ne pas faire la même erreur avec les villes avoisinantes, comme Lévis.   

«Ils n’ont pas tenu compte de l’ensemble des enjeux de la région métropolitaine. Au risque de ne pas me mêler de mes affaires et de me faire chicaner par les maires de Québec et de Lévis, je dirais que des grands projets de transport en commun ne peuvent pas être dissociés de l’ensemble des projets en transport. Ça influence où les gens s’installent, où ils travaillent et où les entreprises vont s’installer», a-t-il lancé.   

Gatineau, qui a aussi un projet de tramway, affirme que les coûts sont beaucoup plus imposants quand on connecte deux projets déjà entamés.   

En somme, les municipalités qui désirent se lancer dans des projets de cette envergure ont beaucoup à apprendre de l’implantation du O-Train, à Ottawa. Reste à voir ce que la Ville de Québec en retiendra.