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Tournages à Québec: une année record et la Ville en veut plus

La Ville peut accueillir davantage que les 463 jours de tournage de 2019

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Patrick Huard sur le plateau de tournage de la série Escouade 99, qui a été entièrement tournée à Québec.

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Les équipes de tournage sont plus que jamais les bienvenues à Québec. Même si elle vient de connaître, et de loin, sa plus grosse année en 10 ans avec 463 jours de tournage sur son territoire en 2019, la Ville en veut plus. 

«Québec et la région de la Capitale-Nationale, c’est grand. Nous sommes capables d’en absorber encore», affirme la responsable des dossiers culturels à la Ville de Québec, Alicia Despins. 

Si son vœu se concrétise, tout indique que ce sera grâce aux productions destinées au petit écran. En 2019, six projets télé d’envergure ont monopolisé près de la moitié (205) des jours de tournage à Québec. 

La série américaine à grand déploiement Barkskins, pour laquelle un village du 17e siècle a été recréé à Valcartier, arrive en tête avec 90 jours de tournage à elle seule. 

Les productions locales des maisons de production ComediHa! (File d’attente, LOL :-), Synvain Rénove, Escouade 99) et Parallaxes (La dérape) ont de leur côté cumulé 115 jours de tournage. 

Les Asiatiques débarquent 

Les protagonistes de l’émission coréenne <em>My Wife’s Secret Recipe</em>.
Photo Agence QMI, Simon Clark
Les protagonistes de l’émission coréenne My Wife’s Secret Recipe.

Québec est aussi devenue une destination prisée des cinéastes asiatiques grâce à la visibilité que lui a procurée le tournage d’un épisode de la très populaire série coréenne Goblin, en 2016. 

L’an dernier, des scènes des films taïwanais The Name Engraved In Your Heart et A Trip With Your Wife ont été tournées dans la capitale. La téléréalité coréenne My Wife’s Secret Recipe a aussi filmé des séquences à Québec. 

Alicia Despins croit que l’effet Goblin n’est pas près de s’estomper. « La série sera traduite en mandarin, alors on s’attend à une augmentation une fois que ce sera diffusé en Chine », prédit la conseillère de Vanier-Duberger. 

Les citoyens dans le coup 

Pour l’instant, cette croissance ne se heurte pas à la résistance des citoyens comme à Montréal où, dans certains quartiers, des résidents n’en peuvent plus des tournages à répétition qui occasionnent des fermetures de rue. 

«On ne pourrait pas tourner 300 jours dans le Vieux-Québec, mais notre richesse est d’avoir accès à des endroits extraordinaires en ville tout en ayant des possibilités de tournages extérieurs dans la nature tout autour», convient Alicia Despins. 

L’automne dernier, le tournage d’une scène de Barkskins a néanmoins forcé la fermeture d’une portion de la rue Saint-Pierre durant quelques jours.  

On a trouvé le moyen de minimiser les impacts du tournage de <em>Barkskins</em>.
Photo Cédric Bélanger
On a trouvé le moyen de minimiser les impacts du tournage de Barkskins.

Pour minimiser les impacts, la Ville a travaillé en amont. Elle a mis dans le coup commerçants et résidents, qui ont notamment eu accès à une ligne téléphonique où on pouvait répondre à leurs questions 24 heures sur 24. 

«C’était un bon test pour nous. Maintenant, on sait que ça fonctionne bien et nous pouvons indiquer aux producteurs toutes les étapes qu’ils ont à franchir pour qu’on leur délivre un permis. Ils doivent être prêts à collaborer à 100 %.»  

Les grandes orientations 

1. Priorité au contenu québécois 

C’est bien beau les tournages étrangers, mais Québec veut d’abord et avant tout que la production de contenu original québécois gagne du terrain.  

«Notre objectif est que Québec, dans quelques années, produise 10 % du contenu québécois afin d’atteindre l’équivalent de notre poids démographique. Actuellement, nous sommes en bas de 6 % », déplore Alicia Despins. En créant plus de produits québécois, Québec sera mieux outillée en ouvriers pour recevoir des productions de l’extérieur du pays, ajoute-t-elle. « La main-d’œuvre qualifiée nécessaire va rester à Québec s’il y a du travail à l’année longue.» 

Alicia Despins.
Photo Stevens LeBlanc
Alicia Despins.

2. Des orientations à redéfinir pour la Ville 

Plus de 10 ans après la venue de Paul McCartney au 400e, une décennie après la création du Festival de cinéma de la ville de Québec (FCVQ) et dans la foulée de l’ouverture du théâtre Le Diamant, l’heure est venue de redéfinir les orientations culturelles de la Ville de Québec pour les 10 prochaines années, annonce Alicia Despins.  

«Nous allons faire un gros travail de consultations. Un événement se tiendra à la fin février durant lequel des acteurs du milieu culturel seront invités à nous faire part de leurs priorités.»  

En 2009, l’événement Québec horizon culture avait permis de jeter les bases de la vision de la culture à Québec qui a prévalu au cours de la dernière décennie. 

3. Grands événements : en mode consolidation 

Y a-t-il de la place pour d’autres festivals ou grands événements culturels à Québec ?  

«En musique, on couvre assez large», estime Alicia Despins, qui concède cependant qu’on peut encore ajouter des événements en hiver. «Mais nous sommes plutôt en mode consolidation. Par exemple, comment le FCVQ, qui attire 30 000 personnes, peut-il augmenter son nombre de visiteurs qui viennent d’ailleurs?»  

Elle parle aussi de «maillage» entre les événements. Autre exemple : en septembre, le Grand Prix cycliste a été présenté sur un écran géant du FCVQ