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Une médaille inattendue pour Laurent Dubreuil

Le patineur de vitesse longue piste a raflé le bronze malgré un minimum d’entraînement sur glace

Quebec
Photo Stevens LeBlanc De retour des mondiaux par distance, le patineur de vitesse longue piste  Laurent Dubreuil a repris, mercredi,  l’entraînement en salle en prévision des championnats mondiaux de sprint.

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Avant de s’élancer aux Championnats mondiaux par distances, le patineur de vitesse longue piste Laurent Dubreuil était inquiet.  

«Je me posais des questions et j’étais inquiet, a avoué Dubreuil qui a remporté le bronze sur 1000 m après la disqualification de son ami Thomas Krol des Pays-Bas. Avant les championnats des quatre continents au Wisconsin à la fin janvier, j’avais patiné trois jours en six semaines. La forme en salle est une chose, mais la forme sur la glace, c’est quelque chose d’autre. J’étais stressé. J’ai été un peu surpris de mon résultat, mais le gros travail se fait l’été lors des camps d’entraînement.»   

Un sommet depuis 2008  

Le Québec a remporté trois médailles au mondial à Salt Lake City. En plus de Dubreuil, Antoine Gélinas-Beaulieu a remporté le bronze au départ groupé tout comme Valérie Maltais à la poursuite par équipe. C’est la meilleure récolte du Québec depuis le lancement de ces championnats en 1996. Les neuf médailles du Canada constituent aussi un sommet depuis 2008.   

«Les trois médailles du Québec, c’est assez surprenant compte tenu des travaux à l’anneau de glace, a reconnu l’entraîneur de l’équipe nationale Gregor Jelonek.    

«C’est comme un joueur de la LNH qui ne patinerait pas. C’est tout un travail de les motiver quand ils ne patinent pas. Les patineurs croient au programme d’entraînement et à leurs chances ; il y a une grosse concentration lors des camps à Calgary sans perte de temps et les patineurs s’attaquent à la tâche. Depuis la Coupe du monde à Calgary, on sentait quelque chose qui s’en venait. Les athlètes étaient relaxes, mais déterminés.»   

«Parce que nous n’avons pas de cadre d’entraînement ultra rigide, nous sommes plus créatifs et plus libres, de renchérir Gélinas-Beaulieu, qui flottait encore sur un nuage après avoir remporté le bronze au départ groupé à seulement son troisième départ en carrière dans cette épreuve. Le Canada commence à faire peur au reste du monde. Nous avons obtenu de bons résultats dans toutes les épreuves du 500 m au 10 000 m.»   

Vivement le Centre de glaces  

La construction du Centre de glaces, qui avance à grands pas et dont l’ouverture est prévue à la fin 2020, laisse entrevoir un avenir plus intéressant pour les patineurs québécois.    

«Ça fait 25 ans qu’on s’entraîne dans les intempéries, résume Jelonek. Il fallait toujours faire des concessions. Je suis fier de faire partie de la famille du Québec qui s’entraîne ici. Tous les entraîneurs internationaux me disent que ça va faire une différence de miser sur notre propre anneau. Ça va amener de la relève alors que les patineurs n’auront plus à quitter trois à quatre mois par année et pourront s’entraîner dans un cadre idéal.»   

De grandes ambitions en Norvège  

Très heureux de sa médaille de bronze récemment remportée, Laurent Dubreuil accorde une plus grande importance aux championnats mondiaux de sprint qui se dérouleront le 28 février et le 1er mars à Hamar, en Norvège.   

«Je n’ai jamais été aussi bien placé pour gagner une médaille au mondial sprint, a assuré le patineur de Lévis. C’est mon rêve depuis que je patine de remporter une médaille au mondial sprint. C’est un événement plus prestigieux que le mondial par distances. Avec des 3e et 6e places sur 1000 m et 500 m à Salt Lake City, je suis en très bonne position pour atteindre mon objectif. Parce que j’ai atteint mon objectif de la saison, qui était de remporter une médaille au mondial par distances, je vais me présenter en Norvège sans pression. Si je remporte un podium, ça va être un bonus.»   

Deux épreuves de 500 m et de 1000 m seront au menu. Le cumulatif de ces quatre courses déterminera les médaillés, et une seule mauvaise performance peut ruiner les chances de podium. La meilleure performance de Dubreuil au mondial sprint est une 6e place à Calgary, en 2017.   

«Il s’agira d’une belle occasion de démontrer que ma médaille de bronze sur 1000 m n’était pas un accident de parcours. Je suis 5e au monde au classement cumulatif et j’avais récolté des 4e et 6e positions plus tôt dans la saison. Je croyais en mes chances de médaille, mais je savais que je devais réaliser la course de ma vie. C’est ce que j’ai fait. Mon niveau est là, et il ne disparaîtra pas en Norvège.»   

Un logement à dénicher  

Confiant en sa forme, Dubreuil aurait aimé ne pas avoir à se soucier de se dénicher un logement pour les deux derniers événements de la saison. Le financement de l’Association canadienne de patinage de vitesse prend fin après les mondiaux par distances.    

«Parce que la communauté du patinage est tissée serrée, il est assez facile de se trouver un logement près de la piste, mais c’est un aspect que je ne devrais pas avoir à me soucier. Les patineurs des autres pays n’ont qu’à se soucier de bien performer. Ça ne m’affecte pas, mais ça ne se passerait pas comme ça dans un monde idéal.»