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Yvon Michel : pas un ami des Hells

Le promoteur de GYM, Yvon Michel, réfute tout lien avec le crime organisé

GEN - CAUSE DU GROUPE YVON MICHEL, GYM
Photo Martin Alarie Yvon Michel au palais de justice de Montréal pour son audience devant la Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec, mardi.

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Yvon Michel n’a « jamais » fréquenté des gens du crime organisé et il ignorait que six Hells Angels étaient assis juste derrière lui à l’un de ses galas de boxe l’an dernier à Montréal. 

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C’est ce que le promoteur a martelé mercredi en témoignant lors d’une audience disciplinaire devant la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ), l’organisme chargé d’encadrer les sports de combat au Québec. 

Les autorités reprochent notamment au patron de Groupe Yvon Michel (GYM) d’avoir « porté atteinte au bon renom du sport » en tolérant la présence de motards criminels dans le périmètre de sécurité réservé aux invités du promoteur et aux officiels de la Régie, lors d’un gala au centre Pierre-Charbonneau, le 20 septembre 2019. 

« J’ai su qu’il y avait eu des membres des Hells Angels dans le périmètre quelques jours après l’événement en parlant à un responsable de la Régie. J’étais très surpris. Personne ne m’en a avisé le soir même », a-t-il dit en niant avoir invité ces motards qui ne portaient pas leur veste ornée d’une tête de mort ailée. 

Les motards, dont l’ex-leader des Hells Salvatore Cazzetta, avaient payé leur billet 250 $ pour être assis près de l’arène, mais d’après Yvon Michel, « ils n’étaient pas supposés » se retrouver à l’intérieur de cette section clôturée.   

« Il y a eu une erreur dans le plan de la salle. Si quelqu’un de la Régie était venu me voir le soir même pour m’aviser qu’il y avait des gens indésirables dans le périmètre et que ça créait un malaise, il aurait été facile de corriger la situation en déplaçant les barricades. Mais personne ne m’en a parlé », a-t-il ajouté. 

Ébranlé 

M. Michel assure n’avoir « jamais » fréquenté de gens du crime organisé ni fraternisé avec les motards. Ce soir-là, il n’a « pas reconnu M. Cazzetta » ni les autres Hells dans la rangée derrière lui. 

Le promoteur, qui a organisé 209 galas de boxe, dont 63 combats de champion du monde avec GYM depuis 2004, a dû réprimer des sanglots en disant qu’il pourrait « tout perdre à cause de ces insinuations ». 

« La réputation, c’est très fragile dans le monde de la boxe. Depuis un mois, ça circule jusqu’aux États-Unis et en Europe qu’Yvon Michel est impliqué dans le crime organisé ! Mes enfants se font même poser des questions à l’école... », a-t-il déploré avec une boule dans la gorge. 

Yvon Michel s’est aussi fait reprocher d’avoir organisé le gala du 20 septembre en partenariat avec Yan Pellerin, un adepte de boxe et d’arts martiaux mixtes (MMA) qui a fondé la firme New Era Fighting pour faire la promotion de combats. 

Dans une décision rendue en 2012, la RACJ avait toutefois suspendu le permis d’alcool d’un resto-bar dont Pellerin était actionnaire en invoquant des liens que l’athlète entretenait avec des Hells Angels en Estrie. 

« C’est un boxeur que je connaissais un peu et qui voulait organiser des événements de MMA et de boxe. Si quelqu’un à la Régie m’avait prévenu de ne pas faire affaire avec Yan Pellerin, j’aurais tout arrêté », a affirmé Yvon Michel en niant catégoriquement avoir servi de « prête-nom » pour New Era Fighting. 

« C’est ma vie ! » 

Yvon Michel refuse d’envisager la possibilité que son permis d’organisateur de galas de boxe puisse être sanctionné au terme de sa première audience disciplinaire en 30 ans de carrière. 

« Je suis le plus ancien et prolifique promoteur de boxe au Québec. C’est ma vie ! Je crois humblement avoir apporté une influence positive dans le milieu de la boxe. Quand on me dit que j’aurais porté atteinte à mon sport, ça va à l’encontre de toutes mes valeurs et mes convictions. » 


L’audience se poursuivra la semaine prochaine avec les plaidoiries des procureurs de la Régie et du promoteur.