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Bernie et Barack: c'est compliqué

Bernie et Barack: c'est compliqué

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Pendant que Michael Bloomberg recevait un difficile baptême du feu, hier soir, je me suis intéressé à une histoire publiée par le magazine The Atlantic.  

En dépit des critiques qu’il a essuyées après ses huit années de présidence, Barack Obama est encore aujourd’hui la figure démocrate la plus populaire et la plus respectée.  

Depuis le début des primaires et des caucus, le premier président noir a refusé de donner son appui à l'un ou l'autre des candidats. Pourtant, Joe Biden a servi à ses côtés et Elizabeth Warren avait également répondu à son appel. S’il refuse de donner son appui alors qu’il trépigne déjà à l’idée de s’impliquer pour vaincre Donald Trump, il est assez évident qu’il apprécie moins l'un des candidats: Bernie Sanders.  

Les réserves d’Obama à l’égard de Sanders auraient des racines profondes, s’il faut en croire l’article rédigé par Edward-Isaac Dovere. Les deux hommes entretiennent des relations difficiles depuis l’élection d’Obama au Sénat en 2004. Même si le discours du jeune sénateur à la convention démocrate de Boston a contribué à l’élever au rang de supervedette, les éléments les plus progressistes le considèrent comme une déception, une coquille vide.  

Malgré ses doutes sur la qualité de son jeune collègue, Bernie Sanders souhaitait profiter de son aura, et il a demandé à Obama de l’aider lors de sa campagne électorale en 2006. Bon prince, Barack Obama avait accepté l’invitation et chanté les louanges de Bernie, contribuant ainsi à la victoire.  

Malgré l’implication et l’influence d’Obama, Bernie refusera de l'appuyer en 2008. The Atlantic révèle que Sanders avait très sérieusement songé à se présenter contre lui. Sérieux à quel point, le sénateur du Vermont? Au point où des poids lourds du parti, comme Harry Reid, avaient dû le rencontrer à plusieurs reprises pour qu’il abandonne son projet.  

Si Sanders ne s'est pas lancé en 2008 ou en 2012, il a malgré tout été l'une des rares voix démocrates à critiquer très ouvertement Obama, à qui il a reproché le manque de progressisme de ses politiques. Ce à quoi le premier président noir a toujours répondu que Sanders n’était pas suffisamment pragmatique, une critique qu’Obama formule toujours derrière des portes closes.  

Si les confidences obtenues par Edward-Isaac Dovere sont avérées, non seulement Sanders est-il toujours demeuré très critique d’un président populaire et respecté, mais il lui aurait parfois carrément manqué de respect, lui faisant la leçon lors de rencontres entre Obama et des regroupements de sénateurs démocrates. Obama et Sanders n’ont jamais été proches et il ressort clairement de leurs rencontres qu’ils ont peu d’atomes crochus.  

Pour Obama, Sanders est un radical qui ne comprend rien aux réalités du jeu politique. Comment Bernie peut-il promettre une révolution dont le système en place ne permettra jamais la réalisation? Nous le savons tous: pour diriger les États-Unis, il faut maîtriser les rouages du système, maîtriser l’art du compromis et disposer d’alliés solides au Congrès. Malgré ses habituels coups de gueule, même Donald Trump doit parfois se soumettre à la volonté des meneurs à la Chambre ou au Sénat.  

Une fois le parcours des caucus et des primaires terminé, il se peut que Bernie soit le porte-étendard du Parti démocrate. S’il est d’ores et déjà assuré qu’Obama le rejoindra sur le sentier de la guerre, il sera intéressant d’observer à quel point les deux hommes sauront mettre leurs différends de côté. Il y a au moins un point sur lequel ils se vouent un respect mutuel: leur habileté à galvaniser les troupes. Les démocrates en auront bien besoin en septembre et octobre.  

Si le texte de Dovere vous intéresse, vous cliquez ici.