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Blocus ferroviaires: toujours pas d'échéance

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OTTAWA | Au 15e jour de la crise des blocus ferroviaires, le gouvernement Trudeau n’était toujours pas en mesure d’indiquer quand il rencontrerait en personne les leaders clés de la mobilisation autochtone qui paralyse le système par rail. 

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Les libéraux fédéraux ont pourtant tour à tour présenté, jeudi, comme une lueur d’espoir la possibilité que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) retire ses agents d'une partie du territoire ancestral de la Première Nation Wet’suwet’en, en Colombie-Britannique.

«Nous croyons que c’est une étape significative pour assurer que la situation se résolve dans des délais très brefs», a insisté le ministre des Services aux Autochtones, Marc Miller.

Le ministre de la Sécurité publique, Bill Blair, est même allé jusqu’à suggérer que ce retrait éventuel de la GRC permettrait une levée de barrages.

«Je pense que la condition que les gens ont mentionnée comme étant la raison des barricades a été remplie [...] et ça devrait nous emmener vers une résolution de la question», a-t-il dit.

La commissaire adjointe de la GRC de la Colombie-Britannique, Jennifer Strachan, a proposé, dans une lettre envoyée aux chefs héréditaires Wet’suwet’en, de relocaliser ses agents hors d'une portion du territoire ancestral de la Première Nation pour répondre à une de leurs doléances. Mme Strachan écrit qu’elle est prête à relocaliser ses troupes dans une municipalité avoisinante, au détachement de Houston.

Or, plusieurs chefs héréditaires accueillent froidement sa missive.

«Leur harcèlement de notre peuple et ses sympathisants continue», a réagi sur Twitter le chef héréditaire Smogelgem, du clan Fireweed des Wet’suwet’en.

De son côté, la porte-parole du clan Gidimt’en des Wet’suwet’en, Molly Wickham Sleydo, a soutenu qu’il est loin d’être démontré que les conditions pour la levée des barricades sont sur le point d’être respectées.

Le chef Na’moks a de son côté dit à Global News qu’il n’avait pas l’intention de rencontrer quiconque de la GRC et a réitéré que lui et ses comparses demandent plutôt une réunion en personne avec le premier ministre Justin Trudeau.

Selon une source libérale, Ottawa compte toutefois d’abord envoyer à la table de discussions la ministre des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett, et son collègue Marc Miller. Cette rencontre pourrait avoir lieu vendredi.

On précise par ailleurs que M. Trudeau est en communication constante, au téléphone, avec des chefs héréditaires.

  • ÉCOUTEZ Jean-François Brochu, ex-policier, en entrevue à l'émission Les Effrontées à QUB radio:  

Entretien entre Trudeau et les premiers ministres des provinces

Justin Trudeau s'est entretenu jeudi soir, in extremis, avec ses homologues provinciaux en téléconférence.«Le premier ministre s'est engagé à continuer de travailler de près avec tous les premiers ministres des provinces et des territoires pour résoudre la situation. Le premier ministre Trudeau a pris note de l'offre de la GRC de cesser ses opérations sur le territoire Wet'suwet'en [...]», a indiqué dans une déclaration le bureau du premier ministre, en milieu de soirée.

Les chefs héréditaires Wet’suwet’en s’opposent au projet de gazoduc Coastal GasLink, dont le tracé traverse leur territoire ancestral. Une foule de barrages érigés en solidarité paralysent le système ferroviaire canadien et empêchent le transport de ressources essentielles comme le propane dans l’est du pays.

Certains des chefs héréditaires se rendaient, jeudi, à la rencontre des Mohawks de Tyendinaga, en Ontario, qui bloquent un corridor ferroviaire près de Belleville. Ils mettraient ensuite le cap vers Kahnawake, au Québec.

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