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Daniel Breton choqué par des propos «cheap» du ministre de l’Environnement

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«Pardon?» Au bout du fil, l’ancien ministre de l’Environnement Daniel Breton n’en revient pas. «C’est cheap en maudit.»  

M. Breton réagissait aux propos que l’actuel ministre de l’Environnement Benoit Charette a tenus jeudi matin au Salon bleu.    

En réponse à une question de la députée de Québec solidaire Ruba Ghazal au sujet de l’enfouissement du verre dans les dépotoirs, M. Charette a décoché une flèche à M. Breton, ministre d’un gouvernement péquiste pendant deux mois en 2012.    

En parlant de la consigne du verre et voulant au passage critiquer ses adversaires pour leur inaction, M. Charette a déclaré: «Il est vrai que l'ancien ministre de l'Environnement du Parti québécois a cumulé des centaines de bouteilles de vin vides...»    

Photo Simon Clark

De quoi réveiller de mauvais souvenirs pour M. Breton. En 2012, alors qu’il était ministre depuis quelques semaines à peine dans le gouvernement péquiste de Pauline Marois, M. Breton avait été éclaboussé par des articles dans les médias rapportant qu’il cumulait les contraventions pour excès de vitesse et qu’il avait déjà été expulsé à deux reprises de ses logements, notamment en 2009, parce qu'il ne payait pas son loyer. Il devait près de 8000$ à son ancien propriétaire.    

Mais ce qui a surtout marqué les mémoires, ce sont les photos prises par le propriétaire, qui montraient le mauvais état dans lequel il avait récupéré son logement. On pouvait y voir des centaines de bouteilles de bière et de vin vides laissées sur place.    

«Je n’ai jamais su [d'où] cette photo venait [...] mais c’est monté de toutes pièces, s’est de nouveau défendu M. Breton. Je n’ai jamais bu et je ne bois pas. Tout le monde qui me connaît sait ça.»    

À la suite de ces révélations, M. Breton avait perdu son poste de ministre.    

Mauvais goût  

«Je suis extrêmement déçu, a-t-il ajouté au sujet de l’attaque de M. Charette. D’autant plus que j’ai même rencontré le ministre il y a trois semaines, au Salon de l’auto, et il m’a dit de l’appeler pour qu’on se parle, pour que je le conseille sur certains dossiers comme les changements climatiques.»    

«Considérant que le ministre m’a demandé conseil, je trouve ça de très mauvais goût», a-t-il dit.    

À la suite de la déclaration de M. Charette au Salon bleu, le président de l’Assemblée nationale, François Paradis, a tenté de ramener un peu d’ordre.    

«Monsieur le ministre de l'Environnement, j'approche d'un premier avertissement et d'un premier rappel à l'ordre», a-t-il déclaré.    

Le ministre Charette a tenté de se défendre en précisant: «Je voulais juste laisser savoir si l'ancien ministre souhaitait instaurer la consigne. C'est tout.»    

Le président n’a pas paru convaincu et a plutôt mis fin à la période de questions, qui s'achevait de toute façon.    

Quelques heures plus tard, le ministre s’est finalement excusé sur Twitter.   

«Lors de la période de questions, j'ai fait une mauvaise blague sur la consigne en impliquant Daniel Breton. Je comprends qu'il ait pu en être blessé. Daniel est quelqu'un que j'apprécie. Je lui ai présenté mes plus sincères excuses un peu plus tôt.» 

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