/finance/opinion/columnists
Navigation

Des pinottes pour le Québec

Coup d'oeil sur cet article

Ainsi la Caisse de dépôt et placement du Québec va investir dans la multinationale française Alstom quelque 4 milliards de dollars pour finalement protéger les 1500 emplois que Bombardier Transport a au Québec, dont 550 à l’usine de La Pocatière, 700 au centre d’ingénierie de Saint-Bruno et 250 à Montréal.  

Ce qui revient à un « investissement » de l’ordre de 2,7 millions $ par emploi québécois protégé ! On a intérêt à surveiller de près ce gigantesque placement de notre « bas de laine » du Québec.  

Je veux bien croire que la Caisse de dépôt et placement du Québec va détenir 18 % des actions d’Alstom et qu’elle comptera 2 représentants sur 10 au conseil d’administration de la société française, cela ne fait quand même pas de la Caisse un actionnaire de contrôle qui va automatiquement privilégier les employés québécois de Bombardier.  

  • ÉCOUTEZ la chronique économique de Michel Girard à l'émission Politiquement incorrect, sur QUB Radio:

François Legault et son ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, n’ont pas de quoi se péter la « ceinture fléchée » avec cet investissement de 4 milliards $ de la Caisse dans une société étrangère, d’autant qu’il s’agit du plus gros placement à vie de notre « bas de laine », rien de moins.  

Cet investissement majeur dans l’étrangère Alstom dépasse ainsi ceux que la Caisse avait précédemment effectués dans des grandes entreprises québécoises, telles Bombardier, Groupe CGI, Groupe SNC-Lavalin ou Québecor Média.  

On légitime les trains indiens  

En devenant le plus important actionnaire d’Alstom, la Caisse, elle, vient légitimer en quelque sorte les 212 trains indiens d’Alstom qu’elle a achetés pour son Réseau express métropolitain (REM), lequel métro léger est entièrement payé à même nos impôts et nos épargnes.  

Le contrat d’achat des trains indiens, faut-il rappeler, a été octroyé au détriment des trains québécois de l’usine de La Pocatière de Bombardier.  

Quelle belle vitrine mondiale pour les trains indiens d’Alstom que notre REM québécois.   

Et voici comment la Caisse le décrit : « Le REM est un métro léger de type Alstom Metropolis. Ce modèle a fait ses preuves avec plus de 5000 voitures en circulation tous les jours à travers le monde, dans des grandes villes comme Paris, Shanghai, Sao Paulo, Dubaï ou Sydney. À Montréal, la conception et l’exploitation sont spécifiquement adaptées pour opérer dans des conditions extrêmes en hiver. »  

Vanter les trains indiens du REM c’est peut-être fort prometteur pour les 4040 employés d’Alstom qui travaillent en Inde, mais ça n’aide pas à promouvoir les trains québécois de Bombardier qu’on a conçus, développés, fabriqués et assemblés au Québec.  

Alstom encensée  

Le nouveau PDG de la Caisse, Charles Émond, ne tarit pas d’éloges envers Alstom.   

« La combinaison des activités de Bombardier Transport avec celles d’Alstom, reconnue pour ses capacités de gestion et d’exécution de projets, vient renforcer le leadership de la société dans la mobilité durable, à l’échelle mondiale. C’est un investissement dans une société très bien positionnée pour tirer parti de la croissance d’un secteur porteur. »     

Sur les 72 000 employés qui seront regroupés au sein d’Alstom à la suite de l’acquisition de Bombardier Transport, il y en a seulement 1700 au Québec, soit 1500 de Bombardier Transport et 200 d’Alstom.  

Cela représente seulement 2,4 % de tous les emplois de la grande multinationale française à travers le monde.   

Ce sont des pinottes !