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Gagner pour lâcher le Ruby Tuesday

daniel martz-simon kean
Photo courtoisie, Vincent Ethier Daniel Martz et Simon Kean se sont regardés dans le blanc des yeux à Rimouski, hier.

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RIMOUSKI | Le vent balayait la glace sur le Saint-Laurent devant l’hôtel Rimouski. La conférence de presse était terminée. On était loin de Miami, de Jean Pascal et de Luis Ortiz. Miami, c’est la dernière fois que j’avais assisté à un combat de Daniel Martz. 

Il s’était fait passer le knock-out en quelques rounds par le gros Ortiz. La Montagne, son surnom, s’était écroulée sous les coups de masse du Cubain.

« Pour ce combat, je n’avais eu qu’une semaine pour me préparer. Je n’avais aucune chance », raconte Martz avec un accent de West Virginia à trancher au couteau.

 Une demi-heure après son combat, avec des bottes de boxeur aux pieds, on l’avait retrouvé dans un bar de l’ancien hippodrome en train de se « réhydrater » avec une grosse bouteille de Jack Daniels. 

 C’est ce Daniel Wartz, un grand gaillard fin comme tout, qui va monter dans le ring contre Simon Kean demain soir à Rimouski.

LA CHANCE D’UNE NOUVELLE VIE

En prenant le micro hier, il avait déclaré que ce combat était la chance d’une vie pour lui. J’ai trouvé ça pas mal gros comme déclaration, « C’est vrai. Je gagne ma vie à Clarksburg comme waiter dans un Ruby Tuesday, cinq jours par semaine. Je m’entraîne quand je le peux. J’ai
29 ans et c’est ma chance. Si je bats Simon Kean, je mets la main sur une ceinture WBC International et je grimpe dans les classements pour enfin gagner plus d’argent et devenir boxeur à temps plein. Pour moi, le fait de pouvoir m’entraîner comme un vrai boxeur ferait une différence énorme. Ce combat, c’est ma chance », de dire Martz.

Un gars charmant. Qui est déjà venu passer deux semaines à Montréal pour servir de partenaire d’entraînement à Oscar Rivas. Il a adoré Montréal en septembre...mais trouve que Rimouski en février, c’est plutôt frisquet. « Mais c’est une belle petite ville qui rappelle Clarksburg. À peu près 15 000 personnes, les gens se connaissent », dit-il.

 LE MILLION DE RIVAS

Il parle d’Oscar Rivas avec chaleur. D’abord, il le trouve gentil. Mais surtout, le gros Oscar nourrit ses rêves. « Il n’était pas nécessairement le premier aspirant au titre mais il est quand même allé gagner un million à Londres contre Dillian Whyte. C’est de l’argent. Ça change beaucoup de chose dans une vie », dit-il.

 « Tu sais, je suis un gars de West Virginia. Pour prendre l’avion, on va à Pittsburgh. Grâce à la boxe, je suis allé à Montréal, à Moscou, en Nouvelle-Zélande. Mais je veux plus. J’ai pris l’avion pour la première fois en 2012. Pour participer à une conférence de presse à New York. Le combat a été annulé et n’a même pas été présenté », dit-il en souriant.

 Il est confiant. À cause de son travail, à cause des circonstances, il a rarement été fin prêt pour un combat. Cette fois, il a signé son contrat il y a plusieurs semaines. Il est en meilleure forme et a le goût de vivre la même vie que son adversaire. Celle d’un athlète professionnel. Un vrai.

JE VAIS LE KNOCKER, A DIT KEAN

 J’en étais là dans ma poésie de belle histoire à raconter quand Simon Kean est arrivé. En forme, l’œil alerte par 14 mois de sobriété, souriant et content de se retrouver en finale à TVA. Encore des centaines de milliers de Québécois qui vont suivre son combat. Ça le pompe, ça le motive.

 Je lui ai raconté la vie de ce brave waiter du Ruby Tuesday qui rêve de changer le cours de sa carrière et de sa vie. J’en étais presque ému...

 Simon a écouté une vingtaine de secondes. Puis il a vite pété la fin de l’histoire : « Ça change rien, je vais le knocker pareil ! », a-t-il lancé...le cœur léger.

 Fin de la poésie.

DANS LE CALEPIN

Yvon Michel a été convaincant dans son témoignage au palais de justice de Montréal. Il a répondu à de nombreuses allégations des témoins de la RACJ. Toutes les sources le confirment. Les plaidoiries seront prononcées le 25 février.