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La LHJMQ a rendez-vous avec l’histoire

Quebec
Photo d'archives, Stevens LeBlanc Grand manitou du Phoenix de Sherbrooke, Jocelyn Thibault applaudit le projet d’abolition des bagarres dans la LHJMQ.

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Jocelyn Thibault raconte une anecdote intéressante lorsqu’il se remémore l’époque où les bagarres étaient une norme au hockey. «Les joueurs qui se battaient n’aimaient pas ça tant que ça. Mais ça s’inscrivait dans la mentalité qui existait dans le temps», dit l’ancien gardien de but.  

Je l’ai entendu aussi de la bouche d’anciens joueurs. Quand il évoluait avec les Blackhawks de Chicago, Enrico Ciccone était tourmenté toute la journée à l’idée qu’il aurait à combattre Bob Probert ou tout autre poids lourd de la Ligue nationale.  

Aujourd’hui, dans son rôle de porte-parole de l’opposition officielle en matière de sports, il rejoint la ministre Isabelle Charest qui demande la fin des bagarres dans le hockey junior.  

La question fera l’objet d’un vote lors d’une assemblée des gouverneurs de la Ligue de hockey junior majeur du Québec, qui se tiendra aujourd’hui même.   

Protection des jeunes  

Le débat a été lancé il y a deux ans par Jacques Tanguay, président des Remparts de Québec, qui est en faveur de l’abolition des bagarres. L’Océanic de Rimouski et le Phoenix de Sherbrooke, dont Thibault est actionnaire et directeur général, figurent parmi les équipes qui appuient la proposition.   

C’est Ronald Thibault, gouverneur et actionnaire du Phoenix, qui représentera l’organisation sherbrookoise à l’importante réunion d’aujourd’hui. Jocelyn Thibault, qui n’a pas de lien de parenté avec lui, dit en riant qu’il aimerait bien être un petit oiseau pour voir comment les choses vont se passer.  

Quiconque connaît Jocelyn Thibault sait qu’il est de nature pacifique. Il aurait été attaquant ou défenseur qu’il ne se serait probablement jamais battu sur une patinoire.  

«Les bagarres sont déjà interdites dans un sens puisqu’elles sont sanctionnées. Tu n’as pas le droit de te battre, signale-t-il en premier lieu.  

«Je suis d’accord avec le projet qui est sur la table. Comme société, on ne peut pas permettre que des jeunes de 16 à 21 ans se bagarrent dans le cadre de matchs de hockey.  

«Notre sport a fait beaucoup de progrès en ce sens. On est rendu ailleurs.»  

Conscientisation  

Comme au niveau professionnel, les matamores ont été éliminés dans les rangs juniors. L’an dernier, un joueur seulement a été impliqué dans une dizaine de batailles.  

Une dizaine d’années plus tôt, soit lors de la saison 2009-2009, il y en avait eu sept. Lors de la campagne 1998-1999, le nombre avait atteint 49.  

Toute une diminution!  

«Les bagarres se sont éliminées d’elles-mêmes, enchaîne Thibault.   

«Ça ne fait plus partie de nos préoccupations quotidiennes. C’est une bonne chose que l’on en soit rendu là. Nos joueurs ont peut-être été impliqués dans trois ou quatre batailles jusqu’ici cette saison et je ne me souviens pas quand c’est arrivé.  

«Les jeunes sont maintenant conscientisés quand ils arrivent dans le junior. Ils ne veulent pas se battre.»  

Effets dissuasifs  

Les études portant sur les coups à la tête ont produit un effet dissuasif. Des joueurs ont mis fin à leurs jours ou vivent déconnectés de la réalité.  

Ça fait peur aux parents.  

C’est l’une des raisons pour lesquelles certains d’entre eux tendent l’oreille aux offres que leurs enfants reçoivent d’universités américaines, où les bagarres sont interdites. Mais il y en a aussi qui reconnaissent que la LHJMQ a pris ses responsabilités en la matière.   

Le hockey junior n’est plus un cirque. Heureusement.  

Dans l’autre camp, il reste les dinosaures qui croient que l’abolition des bagarres mènerait à une recrudescence des coups vicieux. Si c’était vrai, il ne se donnerait plus de coups déloyaux depuis longtemps.  

Quel bel exemple, ce Bergeron!  

Les joueurs talentueux n’ont pas à subir des abus physiques pour être mis en échec. Patrice Bergeron, qui est l’un des plus beaux fleurons produits par la LHJMQ, use depuis toujours de fair-play contre les joueurs qu’il couvre. On ne peut en dire autant de certains joueurs qui jouent contre lui.  

Le circuit québécois doit terminer ce qu’il a commencé. Il a l’occasion d’écrire une page d’histoire en devenant le premier circuit de la Ligue canadienne de hockey à proscrire les bagarres.   

Le hockey n’a pas été créé pour que les joueurs se battent à coups de poing. Un sport qui s’appelle la boxe existe pour les amateurs du pugilat.  

Le quotidien du coach  

Laissons de côté un instant le salaire de Claude Julien. Comment aimeriez-vous être entraîneur d’une équipe de hockey qui ne joue que 20, 30 ou 40 minutes par match et qui échappe des avances à répétition?  

Ça donne ce qu’on a vu après le match de mardi à Detroit. Julien s’est vidé le cœur. Le seul reproche qu’on peut lui faire est d’avoir blâmé le jeune Nick Suzuki sur le but vainqueur des Red Wings, sans identifier aucun autre joueur pour cette affreuse défaite.  

Les coupables ne manquaient pourtant pas. Je veux bien croire que Jonathan Drouin a raté près de trois mois d’activités, mais il est invisible depuis son retour au jeu. C’est comme s’il avait perdu les bonnes habitudes qu’il avait contractées au début de la saison. Il ne s’implique pas.  

Max Domi continue de jouer comme s’il s’en fichait éperdument. Ilya Kovalchuk est redevenu le joueur qu’il était avec les Kings de Los Angeles.  

Voulez-vous encore l’embaucher pour les deux ou trois prochaines années?  

Gallant dans le paysage  

Certains disent que Claude Julien a fait son temps et que Marc Bergevin doit lui trouver un successeur coûte que coûte.  

Une rumeur s’est d’ailleurs répandue dans les réseaux sociaux comme une traînée de poudre, hier. Ça disait que Gerard Gallant séjournait à Montréal.   

Quelques minutes plus tard, Darren Dreger de TSN écrivait sur son compte Twitter que Gallant venait de lui dire qu’il serait à Montréal en soirée avec son épouse, mais qu’il n’avait eu aucun contact avec le CH et que sa visite n’avait rien à voir avec le métier. Il devait arriver de Fort Lauderdale, là où il était allé se reposer selon une information diffusée sur Facebook par l’ancien collègue Tom Lapointe, qui est proche de Gallant.  

Quant à Marc Bergevin, il se trouverait encore à Denver. Il avait assisté, lundi, au match entre l’Avalanche du Colorado et le Lightning de Tampa Bay. L’Avalanche recevait la visite des Islanders de New York, hier soir.  

Je n’aurais jamais pensé dire ça un jour, mais j’ai hâte que la saison se termine. Cette équipe n’est plus drôle à couvrir. Je comprends Julien.