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191 milliards $ plus riche

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C’est une performance digne de mention que Michael Sabia a réalisée au cours de son règne à titre de PDG de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Sa performance dans le monde du placement nous a enrichis de 191 milliards de dollars. 

Lors de ses 10 années complètes à la tête de notre « bas de laine », de 2010 à 2019, Michael Sabia, de concert bien entendu avec son équipe de gestionnaires de portefeuilles, a rapporté un rendement annualisé de 9,2 %. Il a réussi à dépasser l’indice de référence de la Caisse par un point de pourcentage. 

Certes, Sabia a été chanceux de diriger la Caisse lors d’une décennie exceptionnelle au plan financier. Non seulement aucune récession n’est survenue durant la décennie des années 2010, mais en plus, la Bourse, elle, enregistrait son plus long marché haussier (Bull Market) de tous les temps. 

Comme combinaison gagnante, c’est imbattable dans le domaine de la gestion de portefeuille. 

  • Michel Girard était à Politiquement incorrect sur QUB radio: 

Juste après le creux 

Je vous rappelle que Michael Sabia est arrivé à la Caisse en mars 2009, moment où les marchés boursiers venaient de toucher leurs creux à la suite de la grave crise financière qui avait frappé le monde entier lors de la période allant de 2008 jusqu’au premier trimestre 2009. 

M. Sabia avait pris la relève de Richard Guay qui assumait l’intérim à la suite du départ en mai 2008 d’Henri-Paul Rousseau. À cause de ses achats massifs de papier commercial, Rousseau avait entraîné la Caisse dans une monumentale perte de 25 % en 2008. 

Cela dit, après dix années consécutives de rendement positif, Michael Sabia a quitté le navire de la Caisse au moment même où les marchés boursiers atteignaient des sommets historiques. 

Comme timing d’arrivée et de départ, Michael Sabia ne pouvait souhaiter mieux. 

Lors de ces dix années, l’actif de la Caisse est passé de 132 milliards $ à 340 milliards $, l’augmentation comprenant une plus-value des placements de 191 milliards $ et des dépôts nets des déposants de l’ordre de 17,5 milliards $. 

Chapeau pour le rendement ! 

Est-ce que le Québec inc. en a largement bénéficié ou pas ?  

C’est ce qu’on verra demain dans ma chronique. 

Prédécesseurs moins chanceux 

Les deux prédécesseurs de Michael Sabia n’ont pas eu la même veine. Ils se sont fait planter par les marchés boursiers lors de leur dernière année de mandat. Ce qui a eu pour conséquence d’affaiblir leur performance. 

Prenons Henri-Paul Rousseau, qui a dirigé la Caisse de septembre 2002 (soit la fin de la crise des télécoms) jusqu’en mai 2008 (en pleine crise financière). 

Sur les six années dont il est responsable en tant que gestionnaire en chef du portefeuille de la Caisse, soit de 2003 à 2008 (inclusivement), Rousseau a rapporté un rendement annualisé de 5,06 %. 

En fait, tout allait très bien pour lui jusqu’à la catastrophe financière de l’année 2008, laquelle s’est terminée avec une désastreuse contre-performance de -25 %. 

Avant lui, c’était Jean-Claude Scraire qui tenait les rênes du portefeuille de la Caisse de dépôt et placement du Québec, soit d’avril 1995 à mai 2002 (en pleine crise des télécoms). 

Sur les sept années dont il est imputable, il en a bouclé cinq à la hausse et deux dans le rouge, respectivement -5 % en 2001 et -9,6 % en 2002. 

Sous Scraire, la Caisse a rapporté un rendement annualisé de 6,3 %.