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Cusson et Trump

Quebec
Photo d’archives, Stevens Leblanc

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Je n’aime ni le style ni la personnalité de Donald Trump. Et je ne vais certainement pas établir de parallèle entre le président au toupet orangé et le gentleman qu’est l’ancien maire de Drummondville.  

Sauf que l’un des ingrédients premiers du succès électoral de Donald Trump devrait intéresser monsieur Cusson pour sa course à la direction du PLQ. Le sondage d’hier nous montre que la course d’Alexandre Cusson ne va nulle part. Il obtient à peine 10 % d’appuis. Il y a presque sept fois plus de gens qui se foutent de ladite course et qui ne s’intéressent à aucun candidat.  

Dès son entrée en politique, alors qu’il visait l’investiture républicaine, Donald Trump a su occuper l’espace. Sur les chaînes de nouvelles, on parlait à 90 % de lui, laissant des miettes à être partagées entre ses opposants. Pour ses insultes, ses exagérations, ses déclarations étonnantes, on parlait de lui. Souvent pour de mauvaises raisons, j’en conviens. Même de très mauvaises raisons. Néanmoins, vous connaissez la suite.   

  • ÉCOUTEZ le commentaire de Mario Dumont à Dutrizac sur QUB radio: 

Prendre la place  

L’une des leçons à tirer, c’est qu’en politique, il faut occuper l’espace. Quitte à se tromper de temps en temps, quitte à devoir s’ajuster le lendemain, quitte à se faire quelques ennemis. Il faut intéresser les gens, provoquer la discussion, générer des rires et des colères. Il faut devenir la discussion numéro un sur les réseaux sociaux de temps en temps, même si la moitié des commentaires sont négatifs.  

À l’exception d’une pointe de la brave Marwah Rizqy sur l’éthique, il ne ressort rien de la campagne Cusson. On a l’impression que son entourage est fait de libéraux prudents qui ont connu l’époque où le PLQ naviguait seul en tête et évitait de faire des vagues. Ces stratégies sont nulles dans le contexte présent.  

Cusson traîne de la patte loin derrière dans la course à la direction d’un parti qui, lui-même, traîne de la patte au Québec. Cusson mène une campagne sans éclat dans un parti qu’une sérieuse portion de la population ne regarde même plus. Cusson fait campagne sur la pointe des pieds, comme lorsqu’on marche dans la chambre de bébé qui dort. Alors que sa campagne et son parti ont besoin que la fanfare s’époumone dans les trompettes!  

Dans ses tripes  

Il ne doit plus suivre un plan de campagne sage. Il doit ouvrir le journal du matin, trouver ce qui le choque vraiment, ce qui l’interpelle personnellement, et bang! Réagir avec ses tripes. Ses conseillers vont lui dire de ne surtout pas faire ça, c’est normal. C’est là qu’il doit montrer s’il a l’étoffe d’un chef. De l’instinct, du cran, de l’audace.    

Il doit nous intéresser à sa personnalité, à ses opinions, à sa façon de concevoir l’action politique.    

Les enjeux sont assez simples. Soit il suit le petit sentier tranquille qui conduit au couronnement de Dominique Anglade dans l’indifférence générale. Soit il secoue la campagne, sort de sa coquille, forçant Anglade à être meilleure. Alors le PLQ en ressort plus fort... et peut-être que lui en ressort chef.