/news/currentevents
Navigation

Femme assassinée à Lévis: Une sentence donnée à contrecœur

Un meurtrier pourra demander sa libération après 12 ans

Marie-Lisa Desbiens Victime meurtre Lévis
Photo courtoisie Marie-Lisa Desbiens a été sauvagement assassinée par son conjoint en août 2017.

Coup d'oeil sur cet article

C’est à contrecœur que le juge Raymond W. Pronovost a accepté la suggestion commune présentée par les avocats et envoyé le meurtrier Pierre Gagné-Boily derrière les barreaux, sans possibilité de faire une demande de libération avant douze ans. 

• À lire aussi: Un geste impardonnable par un conjoint possessif  

Rares sont les fois où, se retrouvant devant deux avocats d’expérience, les juges refusent d’entériner les suggestions communes qui leur sont faites. C’est toutefois ce qui a failli arriver, vendredi, à l’homme de Lévis qui a reconnu avoir tué sa conjointe. 

À la fin du mois de janvier, Gagné-Boily a plaidé coupable à une accusation de meurtre au deuxième degré pour avoir sauvagement assassiné sa conjointe, Marie-Lisa Desbiens, qui ne souhaitait plus faire vie commune avec lui.

En août 2017, à dix-sept reprises, l’homme s’est acharné sur sa victime, lui transperçant le torse avec un couteau acéré jusqu’à ce qu’elle cesse de respirer. 

Arrêté sur-le-champ, Gagné-Boily a été incarcéré, a tout avoué aux policiers douze heures plus tard, puis il s’est mis à valser entre de nombreux avocats de défense jusqu’à ce que Me Julien Grégoire accepte de le représenter.

Plaidoyer de culpabilité  

Il y a un mois, l’homme âgé de 36 ans a reconnu sa culpabilité, et la procureure de la Couronne, Me Valérie Lahaie, et son confrère de la défense ont proposé au juge l’emprisonnement à perpétuité avec la possibilité d’une libération conditionnelle après douze ans. 

« Votre avocat a souligné, comme facteur atténuant, le fait que vous avez plaidé coupable, mais ce plaidoyer arrive 29 mois après votre comparution. Vous êtes venu à la cour 25 fois. Vous avez éternisé le supplice des membres de la famille », a tonné le magistrat en ajoutant que cela « diminuait grandement » l’intention de l’accusé. 

Lettre

Lors de son dernier passage en cour, Gagné-Boily avait aussi tenu à lire une lettre de quatre pages où il s’adressait à chacun des membres de son ancienne belle-famille ou au réseau d’amis qu’il partageait avec sa victime. 

« J’ai relu votre document. Une lettre où vous parlez de remords. Cependant, j’y ai vu beaucoup de “je, me, moi”. Ça ressemblait beaucoup plus à une thérapie pour vous qu’à des remords sincères », a ajouté le président du tribunal, durement. 

Finalement, le juge a trouvé que la suggestion commune était « clémente ». Toutefois, pour éviter un long procès à la famille et parce qu’elle ne « déconsidère pas la justice », le juge s’est plié à la suggestion des avocats.

« Petite précision : la sentence s’applique de façon rétroactive depuis son incarcération ? », a alors demandé l’avocat de la défense.

« Malheureusement, oui », a alors répliqué le magistrat, ce qui veut donc dire que l’accusé pourra demander une libération conditionnelle dans un peu plus de neuf ans.