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«J'ai choisi de sauter vers l'inconnu» - Camille Felton

«J'ai choisi de sauter vers l'inconnu» - Camille Felton
TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

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Dynamique, pétillante, allumée, Camille Felton enchaîne les rôles de sympathiques jeunes filles à son image dans «La dérape», «Fugueuse» et «Max et Livia». Mais un vent de changement souffle sur la vie de la jeune comédienne, qui n’hésite pas à sortir de sa zone de confort en cette année 2020. 

Camille, il se passe de grands changements pour toi sur le plan professionnel, non?

Effectivement. Je viens de changer d’agent, une des décisions les plus importantes — et les plus émotives — que j’ai eu à prendre dans ma vie jusqu’à présent. Il faut comprendre que j’ai débuté dans le métier à l’âge de cinq ans, j’étais donc avec l’agence Girafe depuis 15 ans! Mon agent était mon conseiller, mon confident, mon ami. Mais j’ai choisi de sauter vers l’inconnu, de sortir de ma zone de confort, pour donner un nouveau souffle à ma carrière. 

De quelle façon?

Jusqu’à présent, on m’a surtout confié des personnages lumineux, qui sont assez proches de ce que je suis dans la vie. Mais à 20 ans, j’ai le goût de relever des défis, d’incarner une méchante, une jeune fille qui a des problèmes mentaux ou qui est mal dans sa peau. Mon nouvel agent, Stéphane Belugou, partage ma vision et mon désir de casser mon image de jeune femme sympathique. 

Ce désir de changement coïncide-t-il avec ton entrée dans la vingtaine?

Je crois que oui. À 20 ans, je suis toujours aussi passionnée par le jeu, mais mes aspirations ont changé. Cela dit, la petite de cinq ans que j’étais n’est jamais bien loin. À l’époque, j’ai découvert que les enfants pouvaient faire de la télévision en regardant un film américain mettant en vedette les jumelles Olsen. Immédiatement, j’ai demandé à mes parents — non, j’ai les ai carrément harcelés — qu’ils me trouvent un rôle à la télé ou au cinéma! (rires) 

Tes parents évoluaient-ils dans le milieu artistique?

Non, pas du tout! Heureusement, le hasard fait bien les choses! À l’époque, ma mère travaillait dans une garderie, et une des mamans venait d’inscrire sa fille dans une agence artistique. C’est de cette façon que ma mère a appris qu’elle devait tout d’abord me dénicher un agent. J’ai joint l’agence Girafe et décroché mes premiers rôles, dont celui de Noémie dans le film «Noémie: le secret». 

Tu n’es pas uniquement attirée par le jeu. La réalisation t’intéresse également. D’ailleurs, tu étudies en cinéma au Cégep Marie-Victorin, n’est-ce pas?

Il me manque quelques cours de base pour décrocher mon diplôme, mais j’ai l’intention de m’y mettre prochainement, car j’aimerais bien poursuivre une formation de réalisatrice à l’INIS, un centre de formation professionnelle très réputé dans le milieu. Jouer restera toujours ma passion première, celle qui me faisait tant vibrer à l’âge de cinq ans, mais je désire ajouter des cordes à mon arc. 

En parlant d’ajouter des cordes à ton arc: tu as cofondé le Festival Émergence, qui aura lieu à Montréal en avril!

Et dire que cette aventure a débuté... par un refus! (rires) Dans le cadre d’un concours de création d’oeuvres numériques pour la Place des Arts de Montréal, mes amis et moi avons soumis notre candidature. Notre projet était, avec toute l’objectivité que je peux avoir, tout à fait génial. Mais le jury l’a refusé parce que nous étions trop jeunes et sans expérience. 

Comment as-tu réagi?

Sincèrement, ça m’a frustrée. Ce n’est pas parce qu’on est jeune qu’on est moins créatif! Et puis, pour avoir de l’expérience, il faut bien commencer quelque part! Alors mon ami, le réalisateur Zoé Duval, et moi, nous avons décidé de fonder un festival de courts métrages, afin de mettre en lumière les jeunes réalisateurs québécois de 30 ans et moins. 

Tu dois être fière de toi!

La première édition s’en vient à grands pas et j’ai encore de la difficulté à réaliser que je suis à la base de ce beau projet-là. C’est fou ce qu’on peut faire avec de la volonté! L’année 2020 s’annonce une année charnière dans ma vie, parce que je mets en œuvre mes propres projets, je fais bouger les choses. Et c’est comme ça que je me réalise le mieux: dans l’action! 

«Fugueuse la suite», lundi 21 h, à TVA. La troisième saison de «La dérape» sera offerte ce printemps, sur Club illico. Le festival de courts métrages Émergence aura lieu du 23 au 26 avril, à Montréal. festival-emergence.com.  

«Fugueuse»: vivre le deuil d'une amie 

«Pour me préparer à camper Jessica dans la suite de «Fugueuse», je me suis renseignée sur le deuil. J’ai regardé sur YouTube des témoignages de jeunes femmes qui ont perdu un proche. Ce qui m’a marquée, c’est qu’elles en parlent avec émotion, même plusieurs années plus tard! Tout comme Fanny (Ludivine Reding), Jessica, mon personnage, se sent coupable de la mort de son amie. Je crois que lorsqu’on perd une copine dans des circonstances dramatiques, on reste marqué à vie», explique Camille. 

La fin de «La dérape» 

L’ultime saison de «La dérape» sera présentée ce printemps, sur Club illico. «Lorsqu’on a tourné la dernière scène qui conclut les trois saisons, j’ai tellement pleuré! Ça me faisait de la peine de laisser aller ce personnage que j’ai tant aimé, puis la belle équipe à laquelle je me suis attachée. Des courses enlevantes, de l’action, des revirements de situations, des joies, des peines et de belles surprises... Vous allez voir, il s’en passe des choses cette saison pour Julia!»