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«Je ne comprends toujours pas»

Les proches de Brandon Christian encore sous le choc

Brandon Christian
Photo Jérémy Bernier L’organisation du Cool Fm a remis le dernier chandail porté par Brandon Christian à sa femme Sonia Drouin et son beau-frère Jean-Pierre Drouin, vendredi soir, en Beauce.

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Réunis pour le retrait de son chandail en Beauce vendredi, les proches de l’ex-hockeyeur abattu par les autorités lors d’une intervention qui a mal tourné le 2 février peinent toujours à comprendre et à accepter son départ.

Brandon Christian a joué pour le Cool Fm de Saint-Georges, dans la Ligue nord-américaine de hockey, pendant une dizaine d’années. En hommage aux années qu’il a données à la formation semi-pro et pour commémorer sa mémoire, l’organisation a décidé de retirer son numéro de l’alignement et de remettre son chandail à ses proches.

Brandon Christian
Le Journal de Québec
Brandon Christian

Tout en observant 30 secondes de silence, sa femme Sonia Drouin et son beau-frère Jean-Pierre Drouin ont récupéré, au centre de la glace du Centre sportif Lacroix-Dutil, le dernier chandail porté par Brandon Christian. Une scène des plus émotive alors que des proches du colosse de 6 pieds 4 pouces fondaient en larmes les uns après les autres.

Rappelons que Brandon Christian, 47 ans, a été atteint mortellement par balle lors d’une intervention de la Sûreté du Québec pour gérer l’homme qui était en crise. Il était cagoulé et armé d’un bâton lorsqu’il a été intercepté.

Une enquête du BEI est actuellement en cours puisqu’il y a eu mort d’homme lors d’une intervention policière.

« La colère est retombée, mais le sentiment d’injustice est encore là, confie M. Drouin au Journal. Avec toutes les façons non létales de maîtriser quelqu’un qui sont accessibles aujourd’hui, je ne comprends toujours pas pourquoi ils [les policiers] l’ont abattu comme ça. »

Malgré tout, il se dit heureux et serein lorsqu’il voit tout l’amour que portent à Brandon des supporteurs du Cool Fm qui l’ont connu et ses anciens coéquipiers.

Une trentaine de ces derniers seront d’ailleurs présents à ses funérailles, aujourd’hui, au Centre Évangélique Renaissance de Saint-Georges. 

Une relation vieille de 16 ans

Le statisticien de l’organisation, Marcel Paré, garde un souvenir particulier de l’ancien ailier gauche. C’est qu’il est celui qui a été mandaté, à l’époque, pour aller chercher le colosse en Pennsylvanie, en voiture, et dans la neige.

« Après un match, un vendredi soir de décembre, on devait passer les douanes qui fermaient à une certaine heure. Alors on a dû partir en pleine tempête de neige ! » se rappelle avec émotion celui qui a également travaillé avec Brandon, à la fin de sa carrière de hockey. Un lien serré entre les deux hommes a alors été créé.

Quelques semaines après les tragiques événements, M. Paré a toujours de la difficulté à accepter le décès de l’ex-hockeyeur.

« Il ne parlait pas beaucoup. Je savais qu’il n’allait pas bien, mais il refusait de se confier. Quand je lui en parlais, il hochait la tête tout simplement. Il n’a jamais été quelqu’un à qui on pouvait tirer les vers du nez », déplore-t-il.

Il espère que la cérémonie de vendredi a permis de se souvenir « du bon bonhomme » qu’était Brandon Christian. « Car c’est ce qu’il était, un bon bonhomme. »