/world/usa
Navigation

La campagne démocrate s’emballe dans le Nevada, Sanders en favori

La campagne démocrate s’emballe dans le Nevada, Sanders en favori
AFP

Coup d'oeil sur cet article

LAS VEGAS | Les candidats aux primaires démocrates sillonnaient vendredi le Nevada, à la veille d’un troisième vote qui pourrait donner à Bernie Sanders une impulsion décisive vers l’investiture du parti pour défier Donald Trump, ou propulser un rival capable d’enrayer son ascension.  

Organisé dans les casinos de Las Vegas jusque dans les régions désertiques de cet État de l’Ouest américain, le scrutin pourrait encore accroître la dynamique du sénateur indépendant avant l’avalanche de votes du «Super Tuesday», début mars, et le rapprocher d’un duel avec le républicain lors de la présidentielle de novembre.  

Fidèle à sa nouvelle tradition, Donald Trump s’invitera vendredi dans le Nevada à la mi-journée pour une réunion de campagne juste avant le vote démocrate.  

À coup de tweets et de discours moqueurs devant ses milliers de partisans, le président républicain se délecte de la bataille des primaires démocrates, affublant les candidats de surnoms moqueurs.  

Mais il était furieux vendredi après la révélation que les Russes étaient à pied d’œuvre, de façon souterraine, pour l’aider à remporter la présidentielle, selon le renseignement américain. Une « campagne de désinformation », selon lui, des démocrates.  

La campagne démocrate s’emballe dans le Nevada, Sanders en favori
AFP

Sanders contre Bloomberg

Faisant campagne sur un programme résolument à gauche, Bernie Sanders dispose d’un net avantage dans la moyenne des (rares) sondages portant sur le Nevada: il affiche 30 % des intentions de vote, loin devant l’ancien vice-président modéré Joe Biden (16 %).  

L’ex-maire Pete Buttigieg et la sénatrice Elizabeth Warren suivent dans un mouchoir de poche (autour de 14 %), devant le milliardaire Tom Steyer (10 %).  

L’autre milliardaire engagé dans la course démocrate, Michael Bloomberg, fait l’impasse, dans un choix rarissime, sur les premiers États pour entrer en lice lors du «Super Tuesday» le 3 mars, lorsque 14 États voteront.  

Cet ex-républicain essuyait encore vendredi des critiques nourries après sa piètre performance lors d’un débat mercredi.  

«Si cela se passe comme ça pour un débat démocrate, il est assez probable que Trump n’en fera qu’une bouchée», a jugé Bernie Sanders, dans un extrait d’entretien diffusé sur la chaîne CBS.  

Comme la plupart de ses rivaux, il s’est encore indigné du montant inédit que dépense le multimilliardaire pour financer sa campagne: déjà plus de 360 millions de dollars en spots publicitaires, selon Advertising Analytics, tirés de sa fortune.  

«Nous sommes en démocratie. Chaque personne vaut un vote. Un type qui vaut 60 milliards de dollars ne peut pas acheter une élection», a lancé M. Sanders.  

Mais la fortune de l’ancien maire de New York l’a déjà fait gagner en notoriété et propulsé à la troisième place dans la moyenne des sondages nationaux.  

Certains démocrates s’inquiètent donc de voir le parti se déchirer dans un duel entre MM. Bloomberg et Sanders, des candidats aux deux pôles opposés pour les électeurs démocrates.  

D’où la tentative frénétique chez les prétendants démocrates à la Maison-Blanche de se présenter en candidat du rassemblement, plus au centre.  

Éviter le fiasco

Déjà plus de 75 000 électeurs démocrates ont voté lors de scrutins anticipés organisés dans le Nevada, selon le parti démocrate, dont une majorité participait pour la première fois à ces primaires, ce qui pourrait laisser attendre une forte mobilisation.  

Mais à qui profitera-t-elle ?  

Derrière le favori Bernie Sanders, la progressiste Elizabeth Warren a retrouvé de l’élan, et des financements, grâce à sa bonne performance lors du débat. La sénatrice a levé quelque cinq millions de dollars après l’émission.  

Sur le terrain, le modéré Pete Buttigieg dispose aussi d’une bonne organisation. Pour contrer Bernie Sanders, il tente, lui aussi, de profiter de la controverse qui oppose le syndicat des employés de la restauration, très puissant dans les casinos de Las Vegas, aux partisans du socialiste.  

Comme l’Iowa, le Nevada organise des « caucus » pour ses primaires, des assemblées d’électeurs qui exprimeront publiquement leur choix de candidat samedi à partir de la mi-journée.  

Après le chaos dans la publication des résultats de ce premier État, les démocrates du Nevada cherchent à tout prix à éviter un même fiasco.