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Réforme Barrette: des promesses non tenues, selon la CDPDJ

L'ancien ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette
Simon Clark/Agence QMI L'ancien ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette

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Manque de communication entre intervenants, délais d’attente déraisonnables pour l’évaluation d’enfants dont la situation est signalée à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), insuffisance de services en continu: la réforme de la santé orchestrée par l’ancien ministre libéral Gaétan Barrette n’a pas porté ses fruits selon la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ).

«Les promesses du gouvernement n’ont pas été répondues», a dit vendredi, à QUB radio, la vice-présidente responsable du mandat jeunesse de la CDPDJ, Suzanne Arpin.

Écoutez l'entrevue complète ici: 

«Au contraire, on remarque qu’il y a des obstacles qui se dressent encore une fois au détriment de nos enfants», a-t-elle poursuivi.

Mme Arpin dénonce un manque important de communication et de fluidité entre les différents acteurs et services du système, enjeux qui étaient supposés se résoudre par l’implantation de la réforme de 2015 du Parti libéral du Québec.

Elle dénote également des délais d’attente plus longs qu’auparavant pour l’évaluation des cas signalés à la DPJ. Selon elle, un citoyen qui craint pour la situation d’un enfant et qui signale son cas à la DPJ devra attendre entre neuf et quarante-trois jours pour qu’un premier contact soit établi.

«C’est tout à fait inadmissible. C’est comme si vous vous rendiez à l’hôpital avec un poignet fracturé et qu’on vous disait: "on va vous rappeler entre 9 et 43 jours"», s’est-elle insurgée.

Décès tragiques et évitables

Le manque de réactivité décrié par Suzanne Arpin se solde parfois par des événements fatals. «Parce qu’ils [des enfants] ont été en attente d’un premier contact avec un intervenant, eh bien, ils sont décédés. [...] Il y en a beaucoup plus qu’on le pense», a-t-elle déclaré.

Elle est notamment revenue sur l’histoire d’un bébé pour qui l’on soupçonnait de la négligence et des violences physiques. «Le bébé est décédé après 23 jours d’attente sur une liste avant d’être vu pour un premier contact. Je ne pense pas qu’on peut faire subir ça à nos enfants», a-t-elle tristement annoncé.

Mme Arpin a aussi révélé des cas de suicides chez des jeunes qui ne recevaient pas les services dont ils avaient besoin pour continuer leur progression, à la suite de leur évaluation.

Le temps presse

Mme Arpin espère que le gouvernement Legault n’attendra pas d’avoir lu le rapport de la commission Laurent en entier avant de mettre en place des correctifs.

Elle souhaite également que les intervenants qui travaillent dans le réseau soient davantage soutenus. «C’est eux qui, ultimement, tiennent la sécurité et l’intégrité de nos enfants entre leurs mains», a-t-elle affirmé.

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