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Eux et nous

Manif contre gazoduc Assemblée nationale
Photo Dominique Lelièvre

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Eux, ce sont les Autochtones. Les Premières Nations possèdent un pouvoir sur nous, les Blancs, celui de nous culpabiliser en toutes circonstances. Un pouvoir de nuisance également, qu’ils exercent au gré des crises qui nous transforment en adversaires dans des guerres larvées comme celle d’Oka ou celle d’aujourd’hui et qui laissent des traces et brouillent nos tentatives de communiquer, à défaut de quoi les préjugés s’amplifient. 

Nous, les Blancs, sommes prisonniers des stéréotypes dans lesquels nous les enfermons. Ils possèdent des territoires revendiqués ou reconnus alors que nous occupons le territoire géographique, politique ou imaginaire. 

Nous continuons à être des étrangers les uns, les autres. Ils partagent des siècles d’humiliations, de pau-vreté, d’aliénation, de rage et de déculturation. Ils ont raison de croire que nos élites politiques, économiques, religieuses les ont trahis à travers des lois discriminatoires. 

Mais nous les avons affaiblis en les rendant dépendants des milliards que nos gouvernements leur ont versés au cours des années. Nous les avons leurrés en créant ces réserves qui font du Canada le dernier apartheid au monde depuis la disparition du même système en Afrique du Sud. 

Hypocrisie 

Ils ont été instrumentalisés par des politiciens hypocrites, qui leur promettaient mer et monde en créant des commissions d’enquête, souvent tablettées par la suite. Justin Trudeau peut réclamer le titre du premier ministre le plus sentimental à leur égard, celui qui continue de pleurer sur leurs malheurs, sur les femmes autochtones assassinées, violées ou qui errent dans les rues de nos grandes villes, hautement intoxiquées par l’alcool et la drogue, et qui vendent leur corps, car leur âme est morte. 

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Les Autochtones qui bloquent le système ferroviaire se laissent berner aussi par des agitateurs écologiques masqués, qui viennent tenir le siège en leur nom. Et qui leur jouent la comédie de l’empathie, eux, Blancs qui se fichent de la dégradation de l’économie, résultat des blocages. 

On semble ignorer les divisions profondes entre les Autochtones du Canada. Des divisions aussi importantes que celles que l’on retrouve chez les Blancs. Mais leur statut de minoritaires et la violence des pressions exercées par leurs troupes de choc, ces guerriers terrorisants, les obligent à s’enfermer dans le silence et de faire comme si. 

Pusillanime 

Le premier ministre Trudeau n’est pas un homme patient. Il est pusillanime. Autrement dit, il dessert la cause autochtone comme le chef conservateur Andrew Scheer qui, lui, un va-t-en-guerre, prône une intervention policière brutale. 

Les chefs héréditaires de la Nation Wet’suwet’en de la Colombie-Britannique, grisés par l’humiliation qu’ils provoquent chez les Blancs – entendons le gouvernement et une majorité de Canadiens inquiets des retombées économiques négatives des deux dernières semaines –, devront finir par entendre raison. Mais quand ? 

Le Canada affronte des problèmes qui exigent un leadership à la fois ferme et souple, qui commande le respect des citoyens. Dans le contexte des revendications communautaristes qui sont l’essence du Canada actuel, les demandes des membres des Premières Nations prennent de plus en plus une tangente inquiétante. Pour eux et pour nous.