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Évelyne Brochu: portée par ses coups de cœur

Évelyne Brochu
Photo Jocelyn Michel, leconsulat.ca Évelyne Brochu

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La dernière année aura été occupée pour Évelyne Brochu. Très occupée, même. Prise de part et d’autre de l’Atlantique par la scène, la musique, la télé et le cinéma, la comédienne a dû multiplier les allers retours entre Montréal et Paris. Son secret pour maintenir la tête hors de l’eau ? L’équilibre. Mais une rencontre avec elle laisse deviner que la passion y est aussi pour beaucoup. 

La comédienne l’avoue d’elle-même : son agenda est plutôt chargé, et ce, depuis plusieurs mois. Pourtant, c’est une Évelyne Brochu décontractée qui a rencontré Le Journal au début du mois, en marge de la séance de photographie accompagnant cet article.  

« Je suis heureuse. Je suis en santé, ma famille va bien, j’aime mon travail... Je tripe sur ce que je fais. Qu’est-ce que je pourrais demander de plus ? » lance-t-elle, tout sourire.  

« Coups de cœur » 

Son secret pour conserver l’équilibre nécessaire à son bonheur ? Oui, la gestion du temps y est pour quelque chose. Mais, surtout, Évelyne--- Brochu explique avoir revu ses priorités après la naissance de son fils, Laurier, il y a 16 mois.  

« Parce que j’ai maintenant une famille, je m’assure d’avoir assez de temps pour respirer. Je garde des journées consacrées entièrement à mon chum et à mon bébé. Ce qui m’aide beaucoup, c’est que mon chum aussi a des horaires atypiques. Avec ses horaires de jour, de soir ou de nuit, si on se coordonne bien, on arrive à ce que Laurier puisse passer beaucoup de temps avec nous. Ça, c’est très important », avance-t-elle.  

Quant au travail, elle a changé sa façon d’évaluer les projets qui s’offrent à elle. Très demandée, elle n’arrête aujourd’hui son choix que sur des contrats la faisant vibrer.  

« Je fonctionne par coups de cœur. Quand tu travailles sur des projets qui te font triper, qui te stimulent et te passionnent, ce n’est pas aussi épuisant. Et la passion, ça compense les heures de sommeil perdues », lance-t-elle dans un éclat de rire. 

Paris Police 1900 

C’est donc un coup de cœur qui l’a menée jusqu’en France l’an dernier. Son titre : Paris Police 1900, une fresque d’époque destinée aux ondes de Canal+. 

L’intrigue, distillée en huit épisodes, transportera les téléphiles français au tournant du vingtième siècle, en plein cœur d’une enquête aux lourdes répercussions politiques. Évelyne Brochu y incarnera un des rôles centraux, celui de Marguerite Steinheil, une femme appelée à infiltrer les cercles antisémites après la mort de son amant (le président de la République française, rien de moins) durant leurs ébats. 

« C’est un personnage historique qui a déjà existé. Elle était une femme moderne pour l’époque, mariée, et aussi la maîtresse du président. Mais quand il meurt, elle se retrouve sans protecteur. C’est là qu’elle est récupérée par la police pour devenir moucharde. J’aime l’idée que c’est une femme qui se retrouve à devoir faire quelque chose de nouveau, quelque chose qu’elle n’aurait jamais imaginé devoir faire un jour », détaille son interprète, précisant au passage que tous ces détails sont révélés au cours du premier épisode.  

Bref, aucun divulgâcheur ici, soyez rassurés.  

Pour le contenu des autres épisodes, il faudra attendre leur diffusion avant de connaître le sort réservé au personnage d’Évelyne Brochu. Aucune date d’entrée en ondes n’a encore été confirmée, mais les Français pourraient bien découvrir Paris Police 1900 en septembre prochain, ou encore en janvier 2021. Une deuxième saison serait-elle dans les cartes ? La Québécoise avoue le souhaiter « ardemment ».  

« Il ne faut jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué... Mais je pense qu’il y a de bonnes chances que ça revienne, selon les échos que j’ai eus. Et si c’est le cas, mon personnage pourrait aussi être de retour dans cette éventuelle deuxième saison », avance-t-elle.  

Bientôt au TNM 

D’ici là, Évelyne Brochu reste bien ancrée ici, à Montréal. Dans quelques jours, elle foulera les planches du Théâtre du Nouveau Monde (ou TNM, pour les habitués), où elle tiendra la vedette de la pièce Les 3 sœurs, récit classique de Tchekhov, cette fois mis en scène par René Richard Cyr.  

« Tchekhov, c’est du grand, grand, grand, grand théâtre. Il y a cette tension entre le tragique et le comique, et c’est comme ça dans la vie aussi. Tous les personnages sont sublimes, les personnages féminins sont très forts. Je ne pouvais pas passer à côté de cette chance-là », confie-t-elle.  


Les 3 sœurs sera présenté du 3 au 31 mars au Théâtre du Nouveau Monde.  

En avant la musique 

La sortie de son premier album a récemment permis à Évelyne Brochu de retrouver les papillons de ses premiers contrats de comédienne. Maintenant qu’une tournée pointe à l’horizon, le sentiment ne fait que s’amplifier.  

« Je me sens comme dans une montagne russe, au moment où tu montes une pente et que tu entends “clic, clic, clic, clic”. Il y a quelque chose d’exaltant dans cette anticipation », explique-t-elle.  

Ce sentiment, Évelyne Brochu l’a d’abord retrouvé dans les semaines précédant la sortie de l’album Objets perdus, en septembre dernier. Elle se souvient avoir connu « le plus gros trac » de toute sa carrière au moment de dévoiler cette première offre aux accents pop et électro, depuis encensée tant par la critique que les mélomanes et ses pairs. 

« Ça a été un stress immense. Mais ç’a aussi été un des plus grands plaisirs que j’ai connus sur scène. Pour la tournée, je décide de me faire confiance. Je sais c’est quoi monter sur scène, je sais comment gérer le trac que ça implique », explique-t-elle.  

Avril 

C’est donc à partir d’avril qu’Évelyne Brochu portera pour la première fois son nouveau répertoire sur les routes de la province. Si la tournée obtient le succès escompté, Évelyne Brochu devra peut-être mener de front ses deux carrières – celle de comédienne et celle de chanteuse. Y est-elle préparée ? 

Sa réponse est précédée d’une longue pause, pendant laquelle elle fait tournoyer une mèche blonde entre ses doigts, pensive.  

« Honnêtement, je n’y avais même pas pensé. Mais pourquoi pas ? » avance-t-elle.  

« En fait, je n’ai jamais eu l’impression d’être l’architecte de ma carrière. Je vois tous les projets comme des pièces dans un jeu de Tetris, qui ont toujours fini par tomber aux bons endroits aux bons moments. J’ai juste hâte de voir où les prochains vont tomber », conclut-elle.  


La tournée accompagnant son album Objets perdus s’amorcera le 30 avril au centre d’art La petite église de Saint-Eustache. Elle s’arrêtera, entre autres, au Grand Théâtre de Québec le 17 juin, puis au Gesù de Montréal le lendemain.