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Grand barda au Parlement !

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Photo Agence QMI, Simon Clark On retrouve plusieurs éléments positifs dans le bouquet de mesures présentées par le ministre Simon Jolin-Barrette.

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Le gouvernement Legault a proposé une vaste réforme des travaux parlementaires qui permet de croire à l’atteinte des deux objectifs fondamentaux : rendre le Parlement plus efficace sans brimer la voix des élus d’opposition. Les partis auraient avantage à s’entendre rapidement pour enclencher une véritable modernisation de l’Assemblée nationale.

On retrouve plusieurs éléments positifs dans le bouquet de mesures présentées par le ministre Simon Jolin-Barrette.

D’abord, pour enlever une couche de théâtre dans les périodes de questions, les leaders parlementaires ne pourraient plus soulever des questions de règlement, qui dégénèrent souvent en duels d’avocats faussement indignés. Un peu moins de show et d’enfantillages, un peu plus de temps pour de vraies questions.

On laissera le président intervenir de son propre chef si un élu dépasse les bornes dans ses propos.

La réforme s’attaque aussi à une grande aberration. Lors de l’étude des crédits, alors qu’on scrute les dépenses et les choix des ministères, on réduira énormément le temps de parole de la partie gouvernementale.

De tout et de rien

Depuis tant d’années, on endure des députés du gouvernement qui parlent de tout et de rien, pour éviter de mettre « leur » ministre dans l’eau chaude. Nombre de fonctionnaires sont déplacés pour cet important exercice de redditions de comptes et perdent leur temps pendant que des élus débitent des conneries. 

Je me rappelle d’un élu libéral qui avait longuement détaillé son entraînement personnel de boxe pour illustrer l’importance de maintenir de saines habitudes de vie. Eh, c’est quoi le rapport ? Agnès Maltais a déjà fait une colère après qu’une élue libérale avait profité de son temps de parole pour faire la nomenclature de subventions versées dans son comté. « Elle n’a même pas posé de questions », avait ragé la péquiste.

La mesure plus douteuse à mes yeux est celle qui soustrait les ministres déposant un projet de loi de la commission parlementaire qui s’ensuit.

Par exemple, si la mairesse de Montréal se déplace au Parlement pour faire part de l’impact d’une législation sur ses citoyens, le ministre ne serait plus là pour l’entendre. Il déléguerait un député, adjoint parlementaire. Ça fonctionne comme ça à Ottawa, déjà. Mais il me semble que le gouvernement se montre davantage à l’écoute lorsque le vrai pilote de la loi participe à la consultation.

Parce qu’on est en 2020

Simon Jolin-Barrette a enjolivé sa proposition de mesures de conciliation travail-famille qui doivent être adoptées, que ce soit dans la réforme ou non.

Halte-garderie pour les élus, congés parentaux et fin des travaux à 18 h. Les députés sont aussi des humains, et il est temps d’arriver en 2020 !

Il y a aussi la partie « modernisation » des pratiques. Le recours au vote électronique, par exemple, pour accélérer les procédures et éviter les tonnes de papier. La disposition des sièges en demi-cercle, dans une formule hémicycle, comme en Europe, est suggérée.

Mais pour cela, il faudra procéder aux travaux de rénovation du Salon bleu. Tapis usé, peinture écaillée sur les murs craqués, sonorisation pourrie. Même si les travaux ont été évoqués sous l’ancienne législature, il n’existe encore à ce jour aucun avis technique, aucun scénario de réaménagement. Le président de l’Assemblée, François Paradis, présentera lui aussi une proposition de réforme des procédures parlementaires.

Il faudrait que tous les partis s’entendent rapidement sur un scénario, pour que le Salon bleu soit ensuite réaménagé en conséquence. 

Pendant que l’État québécois nage dans les surplus, c’est le temps d’investir dans un Parlement de l’ère moderne ! 

Les bulletins 

Marie-Eve Proulx, CAQ

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Photo Agence QMI, Simon Clark

Discrète depuis sa nomination comme ministre déléguée au Développement économique régional, l’élue de Côte-du-Sud a instauré un climat de travail malsain dans ses bureaux, selon de nombreux témoignages. Insultes et harcèlement, notamment, ont conduit à 12 départs en 14 mois dans son personnel.

Danielle McCann, CAQ

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Photo Agence QMI, Simon Clark

Elle a fait bonne impression depuis son élection, mais voilà, en deux ans, la durée moyenne des séjours sur civières à l’urgence a augmenté de près de deux heures. Mercredi, la ministre de la Santé s’est fait ramasser par les partis d’opposition qui ont repris à l’unisson la manchette dévastatrice.

Isabelle Charest, CAQ et Enrico Ciccone, PLQ

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Photo Jean-François Desgagnés

La ministre déléguée au Sport a effectué une sortie bien sentie contre les bagarres au junior majeur. Elle a raison de vouloir que les jeunes « évoluent dans un milieu sain ». Ex-joueur de la LNH, le libéral Ciccone a ajouté sa voix : « On veut pénaliser davantage les coups à la tête, alors qu’on accepte les bons vieux coups de poing sur la gueule. » Alléluia...

Marie Montpetit, PLQ et Emilise Lessard-Therrien, QS

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Photo Agence QMI, Simon Clark

Grâce à elles, le rapport produit au terme de la commission sur les pesticides contient des recommandations. Les deux élues ont fait front commun pour mettre de la pression sur les caquistes membres de la commission qui cherchaient à noyer le poisson. L’union fait la force.

En vrac

Vraiment, M. Charette ?

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Photo Agence QMI, Simon Clark

Le ministre de l’Environnement a écorché inutilement un prédécesseur, en blaguant en plein Salon bleu sur Daniel Breton, qui « a accumulé des centaines de bouteilles de vin vides ». « Cheap en maudit », a répliqué l’ancien ministre. 

La question de la semaine

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Photo Agence QMI, Simon Clark

« À quelle date ce gouvernement-là sera-t-il imputable de ce qu’il fait ? Juin ? » 

— Sol Zanetti, député solidaire de Jean-Lesage