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Osera-t-on s’excuser?

Canadiens Entrainement
Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin Marc Bergevin et toute l’organisation du Canadien de Montréal doivent des excuses à leurs partisans. Il serait toutefois surprenant que ça arrive.

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On peut trouver plusieurs excuses pour expliquer la saison difficile du Canadien. Si l’équipe n’avait pas été si médiocre contre les Red Wings de Detroit ou que Jonathan Drouin n’avait pas été blessé aussi longtemps, peut-être que l’équipe serait en séries. Mais la réalité, c’est que l’équipe les ratera pour une quatrième fois en cinq ans. Parlant d’excuses, l’organisation en doit à ses partisans. 

Quand Marc Bergevin va rencontrer la presse au terme de la saison, il aura à rendre des comptes, et ce, par respect pour les partisans qui endurent la médiocrité de l’équipe depuis plusieurs années. 

Je vous fais toutefois une prédiction : on va se rabattre sur le nombre important de blessures pour excuser les mauvaises performances de l’équipe. C’est évident. 

L’an dernier, Bergevin s’était dit confiant de la suite des choses puisque plusieurs joueurs venaient de connaître leur meilleure saison sur le plan offensif. Il avait toutefois omis de parler, justement, des blessures. L’an dernier, le Canadien n’en a presque pas eu. Du moins, pas de majeures.  

ÉVALUATION 

Les blessures font partie de la réalité de la LNH. Ce n’est pas une excuse valable. 

Il est évident que le directeur général du Canadien est en mode évaluation du personnel en place en ce moment, et pas seulement de celui qui met les patins soir après soir. 

Il se devra de revoir le rôle de certains de ses conseillers qui lui ont encore une fois recommandé l’acquisition de joueurs qui sont devenus des flops monumentaux. À commencer par Karl Alzner et Keith Kinkaid. 

Puis, il faudra aussi se pencher sur le dossier de l’entraîneur Claude Julien. 

La réalité est que l’entraîneur du Canadien ne peut pas faire mieux avec ce qu’il a entre les mains. Sa déclaration après la défaite contre les Red Wings de Detroit, selon laquelle il ne pouvait pas mettre les patins à la place de ses joueurs, voulait tout dire. 

Claude l’a échappée celle-là, par contre. Tu ne peux pas dire ça publiquement. 

Il n’en reste pas moins que ça démontre à quel point l’entraîneur aimerait pouvoir compter sur du renfort. 

ET LES JOUEURS 

À moins d’une surprise, les premiers membres de l’organisation à quitter Montréal seront des joueurs, pas l’entraîneur. Avec la date limite des transactions, Marc Bergevin tentera assurément de monnayer quelques joueurs. 

D’ailleurs, la lune de miel est pas mal terminée pour Ilya Kovalchuk. Certains s’enflammaient à son arrivée et croyaient que le Canadien serait possiblement en mesure d’obtenir un choix de première ronde en retour.
Pardon ?
Si une équipe appelle Bergevin et lui offre un choix de troisième tour, j’espère qu’il n’hésitera pas une seconde. Kovalchuk aura 37 ans l’an prochain et pourrait devenir tout un boulet. À son arrivée, il jouait près de 20 minutes par match. Ça ne reflète pas la réalité. 

Qu’arrivera-t-il l’an prochain quand il jouera 11 ou 12 minutes ? Il va bouder, va demander des explications à son entraîneur. 

Il faut l’échanger maintenant pendant que sa valeur est encore bonne. 

REPÊCHAGE 

Quand je disais que Bergevin devait des excuses aux partisans, sachez que je n’y crois pas vraiment. Ça n’arrivera pas. 

Et pendant le repêchage, le Canadien va se montrer sous son plus beau jour en organisant une semaine à la hauteur, avouons-le, de ce que l’organisation a toujours su faire. 

On va probablement inviter un ancien, peut-être Guy Lafleur, à venir annoncer le choix de première ronde des Canadiens devant leurs partisans au Centre Bell. Encore une fois, cette opération charme va leur permettre de gagner du temps et de faire oublier une autre saison décevante. 

— Propos recueillis par Kevin Dubé 

Les échos de Bergie 

GARDONS ESPOIR 

Après tout ce qui avait été dit sur le projet d’abolition des bagarres dans la LHJMQ, les propriétaires des équipes du circuit ont décidé de ne pas tenir de vote à ce sujet jeudi dernier. Il demeure évident, à mon avis, que les bagarres vont disparaître dans un avenir rapproché. Je n’ai toutefois pas été surpris qu’on remette le vote à plus tard. Ma compréhension est que des propriétaires très influents, surtout d’équipes des Maritimes, s’opposent farouchement à une nouvelle réglementation. Par contre, je pense qu’il faut faire confiance aux gouverneurs ainsi qu’au commissaire Gilles Courteau. Je demeure convaincu que les 18 propriétaires ont à cœur la sécurité et la santé de leurs joueurs. La LHJMQ a toujours pris de bonnes décisions en fonction des jeunes et je ne vois pas pourquoi ce serait différent cette fois. Faisons-leur confiance. 

CHAUDE LUTTE 

Les Maple Leafs de Toronto et les Panthers de la Floride sont impliqués dans une lutte sans merci pour une place en séries éliminatoires. Il s’agit là de deux marchés qui ont désespérément besoin de faire les séries. Du côté des Leafs, on parlait de Coupe Stanley en début de saison. Il est inconcevable que cette équipe soit menacée d’être exclue du bal printanier. S’il fallait que les Leafs ratent les séries, il faudrait que quelqu’un paie le prix. Brendan Shanahan aura des comptes à rendre et on lui remettra sous le nez le lourd contrat octroyé à John Tavares ainsi que celui de Jake Muzzin. Puis, dans le cas des Panthers, il est évident que le poste de Dale Tallon sera en jeu si l’équipe rate les séries. Tallon a offert un contrat semblable à celui de Carey Price à Sergei Bobrovsky, et les résultats tardent à venir. 

SUJETS DIFFÉRENTS 

C’est fascinant de voir à quel point, chez les équipes de tête, les sujets de discussion sont différents de ceux chez les équipes qui rateront les séries à cette période de l’année. Pendant qu’à Montréal on se demande si le meilleur marqueur de l’équipe, Tomas Tatar, ou l’un des meilleurs défenseurs de l’organisation, Jeff Petry, seront cédés à Boston, Washington ou Pittsburgh, on regarde vers l’avant. On se demande quelle pièce on peut ajouter pour faire un bout de chemin en séries.