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Bernie bientôt impossible à freiner?

Bernie bientôt impossible à freiner?
AFP

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Bernie Sanders était radieux et déchaîné lorsqu’il a pris la parole pour confirmer à ses partisans qu’il avait écrasé la compétition au Nevada.  

Trois États se sont maintenant prononcés et il y a un réel mouvement pour appuyer la candidature de Bernie Sanders. Si on savait qu’il sortirait gagnant de la confrontation au Nevada, on ne croyait pas que l’écart serait si important. Au-delà de la marge confortable, Bernie Sanders a démontré qu’il peut attirer l’électorat hispanophone. Assisterions-nous au début d’une coalition Sanders?  

Il est donc à la fois tôt et tard dans cette course. Tôt, puisque les résultats de la Caroline du Sud la semaine prochaine pourraient confirmer la popularité de Sanders auprès des minorités. Les récents sondages pointent dans cette direction, le sénateur du Vermont ayant presque totalement comblé l’écart important qui le séparait de Joe Biden il y a quelques semaines. Bernie doit d’abord passer ce test avant de tenter de se démarquer au premier Super mardi.  

Il est tard parce que malgré le peu de délégués accordés jusqu’à maintenant, aucun autre candidat ne menace sérieusement le meneur. La présence de nombreux candidats centristes contribue à diviser le nombre de voix. Si personne ne baisse les bras et ne décide d'abandonner, il pourrait rapidement être impossible d’empêcher Sanders de voler vers un grand nombre de délégués.  

Si dans leurs discours d’hier soir Biden et Klobuchar ont tenté de démontrer que leurs campagnes étaient toujours en vie et qu’il y a de l’espoir, Buttigieg et Bloomberg n’ont pas raté l’occasion de mettre en garde contre la perspective d’une victoire de Bernie. Buttigieg a habilement fait ressortir que Sanders est inflexible et doctrinaire, ce qui n’est pas bon pour le Parti démocrate ou pour le pays.  

À moins d’un revirement de situation spectaculaire, Buttigieg et Bloomberg sont les deux seules options viables chez les centristes. Mayor Pete est intelligent, articulé et il incarne la jeunesse tout autant que le changement dans la continuité. Bloomberg n’est pas en reste et s’il ne peut incarner le renouveau à 77 ans, sa présence peut rassurer. Dois-je vraiment ajouter que malgré sa déconfiture au premier débat, il dispose toujours de moyens extraordinaires et d’une équipe redoutable?  

L’action ne manquera pas dans les prochains jours et les prochaines semaines. Soyez assurés qu’il y aura bien des tractations dans les coulisses et que les autorités du parti ne se gêneront pas pour exercer des pressions. On devra cependant le faire avec doigté en misant sur la bonne volonté des candidats les plus au centre. Humilier Bernie ou le tasser de manière abrupte, ce serait s’aliéner sa base et saboter une campagne dont le succès est légitime.  

En entrevue avec Jonathan Trudeau vendredi, j’abordais la question de la possibilité d’une convention contestée. Il est rare qu’on parvienne à la convention sans qu’un candidat ou une candidate ait déjà atteint une majorité de délégués. Ce pourrait être le cas cette année.  

Comment procède-t-on alors? Tous les délégués se rapportent au candidat ou à la candidate retenu(e) lors des primaires et caucus au premier tour. Comme on ne peut départager les candidatures, on procède alors à un second tour et c’est à ce moment que ça se complique, particulièrement chez les démocrates.  

Un deuxième tour, ce sont d’abord les tractations qui retiennent l’attention. Les centristes pourraient se regrouper dans un élan «tout sauf Bernie», mais il y a pire... Au deuxième tour, les super délégués peuvent se prononcer. Et nous savons déjà qu’ils apprécient peu Bernie Sanders. La convention pourrait donc devenir une guerre de tranchées dont le spectacle ne pourrait que servir la cause de Donald Trump. Le président sortant doit sûrement en rêver parfois.