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Coronavirus: l’industrie des croisières vogue en eaux tranquilles

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MONTRÉAL – Tout le battage médiatique autour du Diamond Princess, sur lequel trois Québécois ont attrapé le coronavirus, n’a pas fait sombrer l’industrie des croisières. Si les prix des forfaits ont bel et bien baissé à cause de l’épidémie, ce n’est pas parce que l’intérêt a diminué. 

«Beaucoup de croisières en Asie ont été annulées et les navires s’en vont donc en Europe. Ça fait beaucoup de croisières à remplir en peu de temps. C’est pourquoi les prix sont donc particulièrement bas», a expliqué Jason O’Connell, propriétaire de l’agence Oceana Tours, spécialisée dans la vente de vacances sur mer. 

À quelques jours de la semaine de relâche – l’un des moments dans l’année où les croisières dans le sud sont les plus courues –, les affaires tournent rondement chez Oceana Tours. 

«Je suis content que cette histoire de coronavirus se soit passée en hiver parce que ce n’est pas la grosse période pour l’Asie. L’hiver, c’est plus les Caraïbes. L’Asie, c’est en été, en même temps que l’Europe. Les gens qui voulaient aller en Asie vont donc pouvoir aller en Europe, et il n’y aura pas moins de voyageurs», a poursuivi Jason O’Connell. 

Plus de craintes quand même 

Le Japon, où le Diamond Princess a accosté, a beau être à des milliers de kilomètres des Antilles, il n’en demeure pas moins que plusieurs voyageurs qui y partaient en croisière ont eu besoin d’être rassurés. 

Il faut dire que le cas du Diamond Princess frappe l’imaginaire. Au moins 630 des 3711 passagers et membres d’équipage ont été contaminés par le COVID-19. Les personnes à bord ont pu sortir du paquebot, après y avoir été en quarantaine pendant deux semaines. 

«On se fait plus poser de questions, c’est certain. Mais ce n’est pas une situation exceptionnelle pour nous. On est habitués à gérer les épidémies et les guerres. Moi, je n’ai pas eu d’annulation pour des croisières dans le sud à cause de la peur du coronavirus», a dédramatisé Geneviève Turner, conseillère voyages à l’Agence Jean-Pierre de Brossard. 

À ceux qui s’inquiètent tout de même, elle a tenu à rappeler que les mesures de sécurité sur les navires avaient été rehaussées partout dans le monde. 

Un impact à prévoir au Québec? 

Au Québec, le coronavirus pourrait aussi avoir des répercussions, bonnes comme mauvaises, l’été prochain. 

Chez Croisières AML, pour qui les touristes asiatiques forment une bonne partie de la clientèle, il est trop tôt pour dire si cette crise fera chuter l’achalandage, a indiqué la porte-parole de l’entreprise, Florence Rouleau. 

D’un autre côté, l’annulation de croisières en Asie pourrait non seulement amener plus de bateaux à parcourir l’Europe, mais aussi le fleuve Saint-Laurent. 

«Pour l’instant, on n’a pas eu plus de demandes, mais on est très ouvert. Il n’y a pas de limite à notre capacité d’accueil», a fait savoir Sophie Roux, vice-présidente aux affaires publiques au Port de Montréal.