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Gaston rêve déjà à 2022

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Gaston Roy, patineur de vitesse

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Le Journal a rencontré dix athlètes de 70 ans et plus qui ont en commun le désir de se dépasser et plusieurs participent d’ailleurs encore à des compétitions internationales. Leurs témoignages dont la publication a débuté hier sont inspirants et sont la preuve que l’activité physique procure des bienfaits immenses, peu importe l’âge.


Les projets de Gaston Roy reposent sur du long terme, mais sur la glace, il carbure aux choses qui vont vite. À 78 ans, ce sprinteur sur deux lames se prépare pour les championnats mondiaux de patinage de vitesse des maîtres prévus à Québec... en 2022.

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L’ouverture du Centre de glaces à l’automne 2020 n’allume pas seulement la relève et l’élite de ce sport. Cet homme, qui s’est initié par curiosité au patinage de vitesse à la porte de sa cinquantaine, ne s’en peut plus d’attendre l’inauguration de cet amphithéâtre qui abritera notamment deux patinoires et surtout un ovale de 400 mètres.

« Je vais avoir 81 ans en 2022, alors je vais être parmi les plus jeunes de la catégorie 81-85 ans. J’ai cette date dans la tête et si le Bon Dieu me garde en santé, c’est sûr que je vais être là », nous promet le résident de Saint-Isidore, en Beauce.

Ex-champion du monde

Les Néerlandais, Allemands, Norvégiens et autres habitués des rendez-vous chez les maîtres auront de nouveau ce Québécois dans les jambes. Forcé de s’éclipser des compétitions internationales depuis 2011, il a été revigoré par une nouvelle hanche droite implantée il y a trois ans.

Ce Gaston Roy version 2.0 compte retrouver son titre de champion du monde. Sa dernière médaille d’or remonte à l’âge de 64 ans. À Inzell en Allemagne, alors sur un ovale à ciel ouvert, il s’était approché à 5 centièmes du record mondial au 500 m, une marque qu’il aurait cru améliorer n’eut été la résistance d’une couverture de cinq centimètres de neige sur la glace ce jour-là.

« Maintenant, j’ai repris cinq secondes au tour en comparaison à ce que je faisais avant mon opération. Ça m’encourage. J’ai confiance », affirme Gaston, dont le record personnel sur la distance se situe à 43,60 s.

Confiance en la vie 

Depuis la disparition de l’anneau Gaétan Boucher en mars 2018, ce mordu de la vitesse retrouve sa touche en patinant deux ou trois fois par semaine aux arénas de Saint-Isidore et de Sainte-Marie, puis file sur les plaines d’Abraham dès l’ouverture de la patinoire extérieure réfrigérée pour retrouver des sensations de longue piste.

En été, le patin à roues alignées et ses sorties régulières à vélo, certaines journées à plus de 100 kilomètres, continuent de renforcer son cœur. Il le faut bien. Chaque saison, il surveille les résultats de ses anciens adversaires internationaux et il croit demeurer dans le coup.

« J’ai confiance dans la vie, mais il faut aussi avoir de l’énergie. Et moi, je sais que j’en ai encore. »

Comme un héritage 

Décoré de cinq médailles d’or au total de sa carrière internationale, souvent contre « des Hollandais de 6 pi et quelques », Gaston Roy s’imagine devenir à nouveau champion du monde chez lui en 2022. Cet objectif personnel, de surcroît, s’accompagne d’une forme d’héritage que ce père de trois enfants — deux filles et un garçon — a toujours voulu leur léguer en s’investissant autant dans le sport.

« Ce qui me motive aussi, c’est l’exemple que je peux servir à mes enfants. Ils ont compris l’importance d’être vaillant. Je pense qu’ils sont fiers de leur père, de le voir à son âge avoir encore le goût de patiner et qui a encore des objectifs. J’essaie de continuer. À un moment donné, ça va arrêter, mais je vais me rendre jusqu’à ce que ça arrête... »