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Hélène n’a plus peur de l’eau

Les années n’ont pas d’emprise sur le moral d’Hélène Jacques, qui pratique la natation de façon active à l’âge de 80 ans. « Il ne faut pas se laisser miner par nos temps de course de plus en plus lents », dit-elle.
Photo JEAN-FRANCOIS DESGAGNES Les années n’ont pas d’emprise sur le moral d’Hélène Jacques, qui pratique la natation de façon active à l’âge de 80 ans. « Il ne faut pas se laisser miner par nos temps de course de plus en plus lents », dit-elle.

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Le Journal a rencontré dix athlètes de 70 ans et plus qui ont en commun le désir de se dépasser et plusieurs participent d’ailleurs encore à des compétitions internationales. Leurs témoignages dont la publication a débuté hier sont inspirants et sont la preuve que l’activité physique procure des bienfaits immenses, peu importe l’âge. 


Hélène Jacques avait tellement peur de l’eau qu’elle s’est convaincue d’apprendre à nager à l’âge de 26 ans. L’idée n’était pas si bête, de toute évidence, puisqu’elle se nourrit encore de la compétition à l’aube de ses 80 ans. 

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« Dès que j’ai appris à flotter, j’ai tellement aimé nager que c’est devenu une passion », nous dit la dame de Québec, déjà tournée vers le championnat canadien des maîtres prévu à Etobicoke au mois de mai. 

2 km par semaine  

Chaque semaine comporte pour elle des milliers de coups de bras et de battements de jambes qui lui font couvrir une distance minimale de deux kilomètres. Son programme hebdomadaire, suggéré par un kinésiologue, lui dicte trois entraînements de natation qu’elle complète avec deux séances d’entraînement physique en salle de 30 minutes chacune. 

Durant une trentaine d’années depuis l’âge de 45 ans, elle enfilait encore des longueurs de piscine à un rythme soutenu de cinq saucettes par semaine, une commande qu’elle a toutefois abaissée il y a trois ans. 

« J’ai décidé de me calmer le pompon pour passer un peu plus de temps avec mon mari », justifie-t-elle sans brimer son plaisir d’aujourd’hui à plonger tête première. 

« Si j’ai le malheur de rater une semaine, ça me manque, vous ne savez pas comment. Je sais que ça m’a aidée à rester en santé. On vient nager, on a du “pep”, puis on se repose. Et c’est à ce moment qu’on ressent le bien-être », illustre-t-elle avec poésie. 

De 50 m à 1500 m  

Compétition oblige, Hélène Jacques a appris à diversifier ses spécialités. Elle a appris les quatre styles — crawl, dos, brasse et papillon — dans le but de participer au maximum d’épreuves chaque saison dans les distances de 50, 100 et 200 mètres. Au moins une fois ou deux par année, elle s’élance aussi dans les courses d’endurance au crawl de 400, 800 et même de 1500 mètres, qu’elle franchit sous les 24 minutes. 

Nouvelle venue dans la catégorie des 80-84 ans, l’octogénaire dit ne pas se laisser miner par ses performances qui diminuent. Son niveau lui a déjà permis de vivre plusieurs championnats mondiaux des maîtres, notamment en Allemagne, Australie, Angleterre et Italie, mais son plus beau souvenir sportif demeure sa huitième position au 200 m en style papillon aux mondiaux à Montréal, en 2010. 

« Ce qui est encore plus étonnant, c’est qu’elle nage dans les quatre styles. Elle est un bel exemple pour les autres nageurs. On a des gens qui viennent nager à notre club pour la première fois de leur vie et qui n’ont jamais vécu une compétition. Quand on veut leur parler d’une expérience à vivre, on demande à Hélène de nous raconter son parcours », affirme Rachel Beaudoin-Landry, entraîneuse-chef du Club des maîtres-nageurs de Québec qui regroupe quelque 120 adeptes. 

Saluée par Jacques Amyot  

Il y a quelques années, son club lui a fait une fleur lorsque le légendaire Jacques Amyot lui a remis le trophée qui porte son nom afin de saluer sa passion et son acharnement à son sport. Pour l’heure, elle continuera de nager « jusqu’à tant que quelque chose de majeur » l’en empêche. 

« À la fin de chaque année, on consulte les statistiques et on voit que les nageuses de mon âge se font de moins en moins nombreuses. Je vous le dis : ce n’est pas moi qui vais lâcher ! » 

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