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Le roi de la route 138

Gilles Lacasse 73 ans, course

Le roi de la route 138
Photo d'archives, Annie T. Roussel

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Depuis 40 ans, Gilles Lacasse longe au pas de course le chemin du Roy aux abords de Cap-Santé. Couronné à deux reprises dans sa catégorie d’âge au prestigieux Marathon de Boston, c’est lui, le véritable roi de cette route 138.

Tout le territoire de Portneuf connaît cet ex-vétérinaire qui y a longtemps soigné les animaux des fermes agricoles. Ce souverain des espadrilles réalise maintenant d’autres types d’opérations, plus sportives. Double champion à Boston en 2011 dans la catégorie 65-69 ans et en 2016 (70-74 ans), il projette déjà de profiter de son avantage en 2021 pour ajouter un autre titre à sa collection. La veille du marathon, il fêtera ses 75 ans et se présentera donc à la ligne comme le plus jeune chez les 75-79 ans !

« C’était facile, il suffisait de mettre un pied devant l’autre », résume l’homme de 73 ans pour expliquer ses débuts à la course à pied à la fin des années 70.

« J’avais mal aux jambes et je me disais que si j’essayais de courir, peut-être que ça allait m’aider. Et ça m’avait effectivement aidé. Quand l’hiver est arrivé, j’ai décidé de continuer. »

70 km par semaine 

Depuis, il avale de l’asphalte. Chaque semaine, il parcourt quelque 70 kilomètres à un rythme de cinq sorties. À la fin de l’année, son compteur marquera entre 3000 et 3500 kilomètres. Avec le temps, il a conçu ses propres parcours, un matin en direction ouest, le lendemain vers Deschambault, quand ce n’est pas lors de ses rencontres régulières avec ses complices du club La Foulée, à Québec.

Lui-même se décrit comme un coureur quelconque avec une mauvaise foulée et sans suivre un régime particulier, même qu’il ne se prive d’à peu près rien à la table. À quoi bon, quand on y trouve son bien-être ?

« Ce n’est jamais monotone. Il y a toujours quelque chose de particulier. Je le fais aussi pour méditer. Quand je travaillais, ça faisait du bien parce que j’étais certain que personne ne pouvait m’appeler », affirme l’auteur d’un étonnant chrono de 3 h 34 min 22 s à Boston, le jour de son 70e anniversaire.

« À la longue, c’est devenu un mode de vie. Ç’a créé une dépendance comme celle pour les jeux. C’est une drogue, mais une drogue naturelle. »

Son 100e en 2020

Gilles Lacasse n’a jamais abandonné un marathon depuis le premier qu’il a effectué à Montréal en 1980. Sa passion l’a conduit dans la plupart des longues épreuves au Québec, 12 fois à celle de Boston, et il a arpenté aussi le monde, dont Berlin, en 2016, et Reykjavik, en 2017.

Mais surtout, il y a Québec. Il en est un fidèle abonné depuis la première édition en 1998. Le décompte de sa carrière l’a amené à encercler les dates sur le calendrier de 2020. Boston deviendra son 99e et il se réserve celui de Québec, le 4 octobre, pour son 100e.

« En vieillissant, il faut faire ses propres rêves. Et si je ne me fixe pas d’objectifs, je vais manger mes bas ! Y a-t-il vraiment quelque chose de drôle à se lever à 6 h un dimanche matin, quand il fait -25 degrés, pour aller courir 25 ou 28 kilomètres ? Mais quand j’arrive à Québec et qu’il y a 70 coureurs qui sont là aussi, ça me relance... »