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Les leaders autochtones à la rescousse ?

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Photo d'archives, AFP Constant Awashish, grand chef de la nation atikamekw

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Justin Trudeau a lancé un défi aux leaders autochtones du pays : « C’est [à eux] de réfléchir à qu’est-ce qu’[ils] peuvent faire pour sortir de cette situation ». Mais en anglais il est allé plus loin, affirmant que c’est leur responsabilité de contribuer à dénouer l’impasse.  

Je comprends l’appel à l’aide, je l’applaudis, même. Mais de là à mettre sur leurs épaules l’issue du conflit ?    

Le Obama autochtone  

Quelques jours avant que la crise n’éclate, je suis allée à la rencontre de celui que l’on appelle le « Obama autochtone » pour mon podcast, Emmanuelle présente, qui sera mis en ligne lundi.    

J’ai découvert chez le grand chef de la nation atikamekw un amoureux de son peuple, de sa langue, de sa culture.   

Élu grand chef à l’âge de 33 ans, Constant Awashish s’est lancé en politique pour « organiser le futur de ses enfants », dit-il.    

ÉCOUTEZ Emmanuelle Latraverse qui a rencontré Constant Awashish pour sa baladodiffusion Emmanuelle présente, sur QUB radio: 

S’il est fier de la Déclaration unilatérale de souveraineté qu’il a présentée au gouvernement du Québec en 2014, c’est parce qu’elle a redonné la fierté à son peuple.    

« Il faut faire la différence entre l’indépendance et la souveraineté », explique le jeune chef. Ce dont il rêve c’est de retrouver l’esprit de collaboration qui existait lorsque ses ancêtres ont aidé les premiers colons à survivre en forêt.    

« On veut juste ravoir notre place, avoir une voie dans le développement. On veut juste être sur la même équipe. On est tannés de réchauffer le banc. »   

Constant Awashish ne se fait pas d’illusions. Ça prendra du temps. Son plus grand chantier, dit-il, c’est la peur. « La peur des autochtones fait bloquer tout. »    

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

La balle dans leur camp ?  

Alors qu’est-ce que Justin Trudeau attend d’un chef comme Constant Awashish ?    

Car ce chef modéré, engagé, comprend la colère qui mène des militants wet’suwet’en et mohawks à jouer le tout pour le tout. Le même élan qui a mené les siens à bloquer la voie ferrée quelques heures en Mauricie, mardi.   

Tel qu’il le disait en entrevue au Nouvelliste plus tôt cette semaine : « Il va falloir arrêter d’être sur le superficiel... Pour ça, il faut que le dialogue de sourds et les fausses promesses arrêtent. »    

Constant Awashish sait de quoi il parle. Le prochain gazoduc, celui vers le Saguenay, c’est sur son territoire qu’il passera.    

Ça fait quarante ans que les négociations territoriales de sa nation s’éternisent.   

Pourquoi encore répondrait-il à l’appel du premier ministre du Canada ?