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Blocus ferroviaire: le MEQ peu encouragé par les discussions entre le gouvernement et les manifestants

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Photo Reuters Un train de marchandises du Canadien National arrêté alors que les membres des Premières Nations du territoire mohawk de Tyendinaga bloquent les voies ferrées à 2 km de là, il y a quelques jours, à Tyendinaga, en Ontario.

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La PDG de Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ), Véronique Proulx, juge que le milieu des affaires et le secteur manufacturier sont peu écoutés ni soutenus par le gouvernement Trudeau depuis le début de la crise ferroviaire. 

«On est peu encouragés par les discussions que le fédéral a eues à ce jour avec les manifestants», a-t-elle affirmé en entretien à Dutrizac à QUB radio, lundi matin. 

Écoutez l'entrevue complète ici:  

La présidente-directrice générale rappelle qu’environ 120 millions $ en marchandise sont bloqués ou non acheminés chaque jour depuis le début du blocus au Québec, représentant le quart de la production manufacturière de la province. 

«Pour chaque journée bloquée, ça prend de trois à quatre jours pour être capable de récupérer le flot logistique. Ça fait déjà plus de deux semaines. On peut s’attendre à ce que ça prenne de quatre à six semaines [pour récupérer le flot logistique], si ça se résorbait aujourd’hui», a-t-elle ajouté. 

Mises à pied imminentes 

Si elle reconnaît les 450 mises à pied temporaires du Canadien National (CN), Mme Proulx presse le gouvernement d’agir avant que d’autres pertes d’emploi ne soient annoncées dans le secteur manufacturier. «On a d’autres membres qui nous ont dit que c’était imminent», a-t-elle indiqué. 

«Il y a des entreprises qui ralentissent, qui ferment des lignes de production et qui pour l’instant, semblent affecter leurs employés à d’autres tâches, comme la maintenance», a-t-elle aussi souligné.


N’ayant toujours pas eu de signaux concernant une prochaine rupture de stock de gaz propane, Mme Proulx demeure toutefois très vigilante. «Il est fort probable qu’on en arrive là. [...] Il n’y a pas de rupture de stock, mais ça va se faire sentir éventuellement», a-t-elle fait savoir. 

Marchandise bloquée dans les wagons 

La PDG de MEQ a également mesuré les répercussions des marchandises coincées directement dans les wagons depuis quelques semaines. «Il y a des gens dans l’agroalimentaire qui ont des produits périssables dans des wagons. On comprend que ces produits-là vont être perdus. Ce sont des pertes pour les entreprises.» 

Elle a aussi ajouté que plusieurs compagnies ne peuvent terminer l’assemblage de leurs produits, car certaines pièces se trouvent stoppées dans des wagons, pouvant dans certains cas entraîner des pertes de contrat à l’étranger. 

«Ces clients-là, s’ils ne sortent pas leurs produits à temps, la prochaine fois qu’ils vont vouloir passer une commande, ils vont la faire au Québec ou ils vont se trouver un autre fournisseur américain», a-t-elle questionné. 

Mme Proulx a de plus réitéré sa demande au gouvernement fédéral de mettre en place un fonds pour soutenir les entreprises affectées, ainsi que leurs employés.

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