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Bergevin se contente de peu

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Photo d'archives, AFP La façon dont Marc Bergevin a défendu les repêchages du recruteur Trevor Timmins, hier, était renversante. Sur la photo, Bergerin et Timmins lors du repêchage 2017, à Chicago.

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Si on résume, le Canadien a quatre joueurs en moins ce matin et quelques choix de repêchage de plus en banque. Le directeur général, Marc Bergevin, aime son noyau et il a dit qu’on bâtissait avec le repêchage. Bref, il nous a servi le refrain habituel, et le Canadien tourne en rond.

Il ne s’est rien passé de bien surprenant à la date limite des transactions. Dimanche, Bergevin a échangé Ilya Kovalchulk et, hier, il s’est départi de quelques joueurs de profondeur en Nate Thompson, Nick Cousins et Matthew Peca. La semaine dernière, c’était Marco Scandella qui partait pour d’autres cieux.

Bergevin dit encore espérer participer aux séries éliminatoires, mais est-ce que le Canadien est une meilleure équipe aujourd’hui ? La réponse est manifestement non. Est-ce que le Canadien sera une meilleure équipe l’an prochain ? On peut en douter.

Le DG du Canadien a laissé entendre qu’il aimait son noyau, et bien qu’il n’ait pas écarté la possibilité d’y toucher l’été prochain, on peut se demander quel sera l’impact des jeunes qui appartiennent déjà à l’organisation.

D’après moi, ça prendra encore deux ou trois ans avant d’avoir un solide groupe de jeunes, et je ne parle même pas de ceux qui seront repêchés au Centre Bell au mois de juin. Or, dans deux ou trois ans, le noyau du Canadien, lire Shea Weber et Carey Price, sera plutôt âgé.

On va faire quoi d’ici là ? Espérer se classer en séries si on ne subit pas trop de blessures ? On va se contenter d’être une bonne petite équipe ? C’est le message que j’ai compris du point de presse de Bergevin, et je trouve qu’il se contente de peu, tout comme le propriétaire, Geoff Molson.

Le Canadien ratera probablement les séries pour une troisième année d’affilée. Avez-vous l’impression qu’un sentiment d’urgence anime Bergevin ? Moi, je n’ai rien perçu de ce côté-là. Il semble bien à l’aise dans la situation actuelle. Il ne saute pas de joie, mais il est loin de sonner l’alarme.

La question oubliée

Bergevin a passé une partie de son point de presse à défendre son repêchage, et il y a eu de bonnes questions à ce sujet, mais la question que je j’aurais aimé entendre est celle-ci : « Est-ce que tu peux nous dire, Marc, pourquoi toi et Geoff Molson vous vous tenez si loin du plafond salarial depuis quelques années ? »

Pourtant, avec cinq, six ou sept millions, tu peux aller chercher un joueur d’impact qui peut faire une grosse différence, mais on ne prend aucun risque à Montréal, et ça, ça me dérange. On joue de prudence et on laisse les autres passer à l’attaque.

Faible défense du repêchage

Quand je dis que Bergevin se contente de peu, sa façon de défendre les repêchages de Trevor Timmins m’a renversé. Il a parlé de chance et il a dit que les autres équipes faisaient également des erreurs. C’est comme si je m’étais justifié après un mauvais match en disant : « Regardez. Jonathan Quick a aussi eu un mauvais match, hier, à Los Angeles. »

C’est insensé. Lorsque tu as un problème, tu dois le reconnaître. Un alcoolique doit d’abord s’avouer qu’il a un problème s’il veut changer sa vie. Le repêchage est un problème à Montréal et, peu importe la façon dont Bergevin va s’y prendre, il doit apporter des correctifs à ce niveau.

Même s’il avait la meilleure équipe de recruteurs, Bergevin devrait dire aux partisans : « On va essayer de faire mieux avec les correctifs x, y, z ». Mais non. Pour lui, tout semble être OK, et ce qu’il dit aux partisans est essentiellement ceci : nous ne sommes pas pires que les autres.

Voilà où on est rendu à Montréal !

-Propos recueillis par Gilles Moffet

Entrefilets

Bien joué pour Kovalchuk

S’il y a un endroit où Marc Bergevin a marqué des points, quant à moi, c’est dans l’échange d’Ilya Kovalchuk. Stratégiquement, Bergevin a bien joué ses cartes en le laissant aller où il voulait aller, soit à Washington avec son ami Alex Ovechkin. Trop souvent, les joueurs sont traités comme des numéros, et Kovalchuk a apprécié la délicatesse de Bergevin dans ce dossier. Il reviendra peut-être à Montréal ou peut-être pas, mais croyez-moi, tous les joueurs de la LNH en ont pris note. Peut-être qu’éventuellement, ça aidera Bergevin à attirer un joueur autonome.

Le gardien numéro deux

Le point de presse de Marc Bergevin nous a permis d’apprendre qu’il a tendu une perche pour obtenir un gardien numéro deux. Je ne sais pas s’il va rappeler Cayden Primeau de Laval, mais ça m’indique que Bergevin aurait plus tendance à acquérir un vétéran gardien la saison prochaine et à donner un peu plus de temps à Primeau dans la ligue américaine. Une chose est certaine, les Golden Knights de Vegas visent la coupe Stanley et ils ont compris l’importance d’avoir deux bons gardiens en faisant l’acquisition de Robin Lehner, des Blackhawks de Chicago. Lehner ressemble plus à un numéro un qu’à un numéro deux.

Tatar et Domi

Si les transactions de Marc Bergevin ne m’ont pas surpris outre mesure, je vous avoue que je suis resté sur mon appétit. J’aurais aimé qu’il passe à l’attaque dans le cas de Tomas Tatar et de Max Domi. Je crois que la valeur de Tatar est à son maximum et celle de Domi n’est pas négligeable. De plus, Bergevin est plutôt habile quand vient le temps de transiger. Je crois aussi qu’il aurait pu mettre la main sur Jean-Gabriel Pageau pour le même prix qu’ont payé les Islanders de New York.

Les gardiens d’urgence

C’est une belle histoire que celle du gardien d’urgence David Ayres, qui est venu en relève de James Reimer et de Peter Mrazek à Toronto, samedi, pour vaincre les Leafs dans l’uniforme des Hurricanes de la Caroline. Cela dit, la LNH devrait payer, je ne sais pas, 50 000 $ par année pour avoir un gardien d’urgence d’un certain niveau, dans chaque ville. Un gardien de 42 ans, ça ne fait pas très sérieux, surtout en pleine course aux séries éliminatoires.