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Le voleur-meurtrier des Galeries de la Capitale veut sortir de prison

Maurice McIntyre a purgé 26 ans de pénitencier

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SAINTE-ANNE-DES-PLAINES | L’auteur de la fusillade qui a coûté la vie à un agent de sécurité de la Sécur aux Galeries de la Capitale, en 1994, souhaite avoir «une dernière chance» d’être un actif pour la société, mais refuse toujours de dénoncer ses complices, qui courent encore, 26 ans plus tard.  

Le 22 mars 1994, Maurice McIntyre et deux complices planifient de commettre un vol en s’emparant de l’argent transporté par deux agents de sécurité de la compagnie Sécur.      

Photo d'archives

Alors que les agents sortent de la succursale de la Banque de Montréal des Galeries de la Capitale avec une somme de 766 000 $, McIntyre ouvre le feu et tue l’agent Alain Labrie, 35 ans.       

Le meurtrier est cependant blessé par une balle à la jambe et perd beaucoup de sang sur les lieux du crime. Celui qui était en semi-liberté d’une peine de sept ans pour vol est arrêté quelques jours plus tard et relié au crime grâce à l’ADN.      

Le criminel endurci est condamné à une peine de prison à vie sans possibilité de libération avant 25 ans. Décrit comme une véritable «bombe à retardement», l’homme accumule les rapports disciplinaires graves en prison.      

Des policiers passaient la scène de crime au peigne fin, aux Galeries de la Capitale.
Photo d'archives
Des policiers passaient la scène de crime au peigne fin, aux Galeries de la Capitale.

Comportement  

Puis, en 2004, le délinquant opère un changement de comportement «drastique», afin d’obtenir une «dernière chance» d’être un actif pour la société.      

À l’âge de 60 ans, après avoir passé 40 ans de sa vie derrière les barreaux, Maurice McIntyre s’est présenté, lundi, devant les commissaires de la Commission des libérations conditionnelles au pénitencier Archambault (dans le secteur à sécurité minimale) pour demander une permission de sorties sans escorte. Le délinquant a présenté un projet «structuré» où il veut reprendre les études pour devenir soudeur haute pression.       

Le meurtrier Maurice McIntyre, ici en janvier 1998, porte maintenant une barbe et a des cheveux grisonnants
Illustration d’archives
Le meurtrier Maurice McIntyre, ici en janvier 1998, porte maintenant une barbe et a des cheveux grisonnants

Volubile et « intense », McIntyre a tenté de convaincre les deux commissaires du sérieux de sa transformation. «C’est moi qui a tué l’agent de sécurité, j’en ai pas d’excuse, a-t-il dit sans hésitation, c’est Alain Labrie que j’ai tué.»      

La vitrine d’une bijouterie avait été fracassée par deux balles.
Photo d'archives
La vitrine d’une bijouterie avait été fracassée par deux balles.

Complices inconnus  

Le sexagénaire a cependant été beaucoup plus hésitant lorsqu’il a été question des complices qui n’ont jamais été arrêtés ainsi que des 100 000 $ qu’il a reçus pour le vol. «C’est quelqu’un qui a monté le vol [...]. On m’a approché», a-t-il balbutié.       

McIntyre a toujours entretenu un flou artistique autour des complices de cette affaire, réaffirmant devant les commissaires qu’il ne les connaissait que vaguement. «J’en connaissais juste un, Alain, il habitait Pointe-aux-Trembles.»      

Pourtant, quelques minutes plus tard, le détenu glisse une autre information. «Les deux autres qui étaient impliqués avec moi sont morts.»      

Les 26 dernières années de privation de liberté n’ont pas permis de délier la langue de Maurice McIntyre.      

La bijoutière Lise s’était cachée dans un coffre-fort.
Photo d'archives
La bijoutière Lise s’était cachée dans un coffre-fort.

Pleurer pour la famille  

Le délinquant s’est cependant montré très ouvert sur ses sentiments lorsqu’il a été question de la famille de la victime, Alain Labrie. Des audiences tenues en 2013, moment où il a demandé, sans succès, une révision judiciaire pour faire passer sa détention de 19 à 25 ans, ont eu un «impact libérateur» pour lui.       

«C’est la première fois que j’ai entendu la famille», a raconté McIntyre. «J’ai pleuré pour la première fois de ma vie. Je n’étais pas capable de retenir mes larmes.»      

«J’ai pleuré avec cette famille-là, je n’étais même pas fâché que sa mère dise : “je veux que cet homme-là meure en prison”.»      

Pour le sexagénaire, cette audience a fait «fondre sa boule» de rage et a été l’élément «majeur» le menant vers l’actuelle demande de permission de sorties sans escorte pour perfectionnement personnel.       

Les deux commissaires ont montré certains signes de sympathie pendant l’audition, tout en faisant valoir que le dossier de McIntyre «appelle à la prudence». Ceux-ci ont pris leur décision en délibéré et la feront connaître d’ici quelques semaines.      

Chronologie des événements  

22 MARS 1994 : McIntyre et deux complices s’en prennent à deux agents de sécurité de la Sécur qui sortaient de la succursale de la Banque de Montréal
en plein cœur des Galeries de la Capitale avec 766 000 $ sur un chariot.      

Une fusillade éclate. Alain Labrie, 35 ans, est atteint mortellement, McIntyre est touché à la jambe par le second agent.      

1er AVRIL 1994 : La police de Québec arrête un suspect, Maurice McIntyre, et procède à une analyse sanguine.      

22 JUILLET 1994 : McIntyre est formellement accusé du meurtre d’Alain Labrie.      

26 FÉVRIER 1998 : L’accusé est reconnu coupable de meurtre et condamné à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.       

DÉCEMBRE 2013 : Demande de révision judiciaire en vertu de la « clause de la dernière chance » pour tenter de faire passer sa peine de prison ferme de 25 à 19 ans. Demande refusée par un jury.      

24 FÉVRIER 2020 : Demande de permission de sortie sans escorte pour aller à l’école et faire une formation de soudeur.