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Corruption chez Hydro: l’arbre qui cache la forêt?

Guy Huot
capture d’écran Combien de Guy Huot travaillent pour l’un des plus gros donneurs d’ouvrage au Québec?

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Les révélations faites par le bureau d’enquête et le journaliste Félix Séguin soulèvent un tas de questions quant à ce qui se passe ou non à l’intérie ur des murs de la toute puissante Hydro-Québec. 

Parlons tout d’abord du cas précis du flamboyant Guy Huot. Comment ne pas être tout autant scandalisé que fasciné de voir le maître de l’escroquerie (!) tenter maladroitement de ranger une enveloppe pleine de billets de 20 $ dans sa poche de chemise. 

À croire qu’il aurait préféré des billets de 100 $, parce que, tsé, ça se dissimule mieux et qu’en plus, ça fait big shot quand tu sors ça au resto avec ta femme. Un grand champion, j’vous dis. 

Blâme partagé 

Il est quand même fascinant de constater que dans l’ère post-Charbonneau, il y a toujours des canailles qui ont le culot de bafouer les règles pour s’en mettre plein les poches. 

Je pourrais casser du sucre pendant des heures sur le dos du ripou, mais je m’en voudrais de ne pas parler aussi de l’entrepreneur André Dansereau. C’est lui qui a sonné l’alerte en acceptant de collaborer et d’exposer au grand jour le stratagème de Huot. 

Mais je ne suis pas prêt à l’expier de tous ses péchés et lui donner un passe-droit pour le paradis. Car pour que des Guy Huot existent, ça prend des André Dansereau. 

Que ça lui ait plu ou non, l’entrepreneur aura été partie prenante du manège pendant près d’une quinzaine d’années. Je veux bien souligner son courage de témoigner à visière levée et d’aider à présenter la vérité, mais ses agissements passés sont tout aussi impardonnables que ceux de l’employé d’Hydro-Québec. 

Cas isolé ? 

Cela étant dit, il faut impérativement se questionner sur les pratiques qui ont cours chez Hydro-Québec. 

Bien que la société d’État ait fait face à ses responsabilités au cours des derniers jours, le cas précis de Guy Huot soulève un tas de questions. 

Si ce dernier a pu agir en toute impunité pendant de si nombreuses années, comment se fait-il qu’aucun des mécanismes mis en place n’ait permis d’éveiller des soupçons ou de sonner l’alarme ? 

Est-ce que quelqu’un chez Hydro a fermé les yeux sur des manœuvres illégales, que ce soit par laxisme, par incompétence ou, pire encore, par complicité ? 

Combien de Guy Huot travaillent pour l’un des plus gros donneurs d’ouvrage au Québec ? 

Si nous n’avons pas de réponses à ces questions et à bien d’autres, c’est notamment parce que la commission Charbonneau n’avait pas jugé bon de se pencher sur ce cas à l’époque. Un choix qui était inexplicable alors, et qui l’est encore plus aujourd’hui. 

Car au-delà du minable personnage qui a été exposé cette semaine, il est plus que jamais pertinent de se demander si Guy Huot ne cache pas une forêt de ses semblables. Espérons que cette fois-ci, Hydro-Québec ne sera pas épargnée.