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Dans le siège du conducteur

FBL-CONCACAF-SAPRISSA-MONTREAL
Photo AFP Le capitaine de l’Impact, Jukka Raitala, et ses coéquipiers tenteront de compléter le travail ce soir face à Saprissa.

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L’Impact s’est mis en bonne position pour la suite des choses. Son match nul de 2 à 2 au Costa Rica en Ligue des champions le place sans contredit dans le fauteuil de favori à l’approche du match retour, ce soir au Stade olympique.

Puisque l’Impact tenait une avance de 2 à 0 en première mi-temps à l’aller, je comprends certaines personnes d’être déçues du match nul. Celles-là ont le sentiment d’être passés à côté d’une occasion en or. Mais les deux buts marqués à l’étranger font un grand bien, les hommes de Thierry Henry n’auront qu’à finir le travail ce soir.

Dans l’ensemble, c’est le genre de performance à laquelle je m’attendais de la part du XI montréalais. Une performance typique sur un terrain adverse pour une équipe qui jouait de surcroît son premier match compétitif de l’année.

En ce sens, les défaillances de la deuxième mi-temps face à Saprissa étaient prévisibles. Les Montréalais n’avaient pas encore eu affaire à ce niveau d’intensité et de stress cette saison. Physiquement et psychologiquement, ç’a été le premier test et ils l’ont passé de belle façon.

Oui, après quatre semaines de camp, les joueurs sont censés être en bonne forme physique, mais il est impossible de recréer les conditions d’un match de Ligue des champions. Par expérience personnelle, je peux vous le certifier. En 2009, quand j’ai mené le Bleu-blanc-noir aux quarts de finale de la compétition face au géant mexicain de Santos Laguna, la fatigue a contribué à notre chute dans les derniers instants de la série. Encore là, nous étions au début de notre saison tandis que l’adversaire était déjà bien rodé.

Les blessures

Cette avance de deux buts contre Saprissa mercredi dernier est devenue encore plus difficile à protéger avant même que la première mi-temps ne soit terminée.

En fait, les deux changements que Henry a dû effectuer à cause de blessures ont miné ses options tactiques et lui ont en quelque sorte lié les mains.

Avant le début de chaque match, un entraîneur a en tête une série de scénarios en fonction du score et des ajustements de l’adversaire. Ces options ce sont envolées avec les sorties de Rudy Camacho et d’Orji Okwonkwo avant la fin des 45 premières minutes.

À ce moment, Henry a dû faire une croix sur des changements qui auraient eu pour effet d’insuffler de l’énergie à son équipe et prier pour que le reste des joueurs de l’équipe tienne le coup jusqu’à la fin de la rencontre. Au bout du compte, elle a accordé deux buts à l’adversaire, mais elle s’est bien battue et se retrouve en excellente position pour avancer dans la compétition.

Autre bonne nouvelle pour les partisans de l’Impact, Thierry Henry a enfin pu voir son équipe en action. Déjà, il a une bien meilleure idée des atouts qu’il a en main. Il est aussi en mesure d’identifier un peu plus clairement ce qu’il doit améliorer. 

Toute cette information glanée au détour des deux matchs contre Saprissa permettra sûrement de mieux entamer la saison MLS, samedi, face au Révolution de la Nouvelle-Angleterre.

Le nouveau capitaine

Une surprise nous attendait au premier match de l’année : Jukka Raitala est le nouveau capitaine du Bleu-blanc-noir. 

Je dis « surprise », mais à bien y penser, j’ai de la difficulté à voir qui aurait pu être nommé à sa place. Et voilà peut-être un problème pour l’édition 2020 de l’Impact : aucune personnalité ne semble être en mesure d’assurer pleinement le leadership.

Personnellement, j’aurais cru que Rod Fanni serait considéré avant Raitala. Il est le plus âgé du groupe et un élément indispensable au succès du club. Saphir Taïder semble aussi sur papier avoir le profil d’un capitaine, mais en pratique c’est une tout autre chose.

Au final, Raitala a l’expérience nécessaire et la crédibilité en tant qu’international finlandais pour remplir ce rôle. Comme capitaine, il ressemble à Nacho Piatti : discret, irréprochable et aimé de ses coéquipiers. À la différence notable que Piatti pouvait changer l’allure d’un match à lui seul, ce que Raitala n’ose même pas rêver.

Bref, ce manque de personnalité devra pour le moment être comblé par Henry lui-même. Son charisme et son assurance devront être rassurants dans cette saison qui ne s’annonce pas sans heurts.