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La valse-hésitation

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Marc Bergevin a rarement suscité autant de grogne que depuis la date limite des transactions, lundi. Pourtant, bien que je demeure sur mon appétit, à la réflexion, la suite est intrigante.

L’interminable point de presse n’a pas aidé le directeur général du Canadien, même si sa formule sert très bien la cause.

Faire diriger le trafic par le directeur des communications du CH, Dominick Saillant, bien mélanger l’ordre des questions, tout est en place pour éviter les escalades, les dérapages. En clair, tout est aseptisé.

D’ailleurs, lorsque Saillant a désigné Martin McGuire d’entrée de jeu, le DG a rigolé en faisant remarquer que son « chef d’orchestre » désignait toujours McGuire pour poser la première question. Saillant a rétorqué « rights holder » (détenteur de droits)... La formule que je vous dis...

Mais cette fois, même la formule n’a pas empêché les observateurs de relever les nombreuses contradictions de Bergevin.

La chance, vraiment ?

Faut dire que la théorie de la chance pour parler des succès du repêchage n’était pas l’idée du siècle. Alors que la nation hockey est attaquée, tu as intérêt à servir de meilleures explications au public et aux médias. La statistique qu’il a dit posséder et qui veut qu’entre un choix 25 de première ronde et un choix 41 de deuxième ronde il n’y ait aucune différence... c’était hasardeux. 

Et puis, rien sur son séjour au Colorado. Et très peu sur Tomas Tatar et Jeff Petry, les joueurs les plus recherchés chez le CH lors de cette date limite.

Bergevin a malgré tout l’habitude d’en dire beaucoup en parlant peu. À propos des actifs de son « noyau » appelés à ratifier une nouvelle entente au plus tard au terme de la prochaine saison, il a laissé entendre vouloir leur parler à la fin de l’actuelle campagne afin de connaître leurs intentions et ainsi prendre des décisions. 

Autrement dit, Tatar, Petry, Phillip Danault et Brendan Gallagher sont susceptibles de signer des prolongations de contrat cet été ou de quitter en marge du repêchage de juin. Mais encore là, rien de trop clair non plus.

Éclipsé par dorion ?

Je maintiens que s’il avait échangé Tatar et Petry, Bergevin se serait retrouvé avec une main pleine au repêchage. Dans les faits, c’est Pierre Dorion, des Sénateurs, qui risque fort d’être reconnu comme le meilleur danseur à la fin de ce week-end à se tenir ici, chez nous... à Montréal. C’est insultant.

Est-ce que Bergevin se sent traqué ? Croit-il son job perdu s’il rate les séries éliminatoires ? Est-ce que Geoff Molson lui a dit : « bouge, mais pas trop, je crois en nos chances d’entrer en séries ? »

Chose certaine, la chaleur augmente et comme c’est souvent le cas, les opportunistes guettent. Tassés dans un coin par Bergevin depuis son arrivée, les anciens s’en donnent à cœur joie cette semaine dans une fronde sans précédent contre le patron hockey du CH.

Paradoxalement, Bergevin a parlé de dards et de blackjack lors de sa valse-hésitation de 50 minutes, lundi. Si Vincent Damphousse, le candidat favori des anciens joueurs, relève Bergevin cet été, il pourrait nous parler de poker plutôt que de dards et de blackjack.

Qui sait, la « chance » pourrait tourner...