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Femme enceinte tuée sur le boulevard Laurier: la Couronne exige 36 à 42 mois de prison

Marie-Pier Gagné
Photo Facebook Marie-Pier Gagné

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Alors que les proches de Marie-Pier Gagné ont « le cœur ouvert » et sont prêts à « pardonner » à celui qui a négligemment causé la mort de la femme enceinte sur le boulevard Laurier, l’accusé continue « d’atténuer sa responsabilité » et se présente toujours comme « victime ». 

À l’étape des observations sur la peine de celui qui a été reconnu coupable de négligence causant la mort d’une femme enceinte le 10 août 2016 sur le boulevard Laurier à Québec, les deux grands-mères de la fillette qui a survécu au drame se sont adressées à l’accusé. Le jour de l’accident, Jonathan Falardeau-Laroche sortait d’un rendez-vous avec son neurologue qui lui disait de ne pas conduire compte tenu de ses crises d’épilepsie. 

Marie-Pier Gagné
Photo Stevens Leblanc

Au même moment, Marie-Pier Gagné traversait le boulevard Laurier. La femme enceinte de 40 semaines a été happée mortellement, mais sa fille a pu être sauvée sans séquelles. 

La grand-mère paternelle a demandé au juge d’adresser une lettre directement à Jonathan Falardeau-Laroche, en le regardant. Après avoir rappelé que « le petit ange » qui est né de l’accident ne « connaîtra jamais la sensation d’être dans les bras de sa mère », Frances Bittner a montré beaucoup de compassion.

« J’ai beaucoup d’empathie particulièrement pour ta mère qui t’accompagne », a dit la grand-mère. « Je souhaite que tu te libères de ta prison intérieure », a ajouté Mme Bittner en concluant par « Bonne route à toi, Jonathan ». 

« Déresponsabilisation »  

Marie-Pier Gagné
Photo Stevens Leblanc

L’accusé qui a laissé pousser ses cheveux sur son crâne jadis rasé a répondu par un « merci » tout en pleurant. 

Le procureur Thomas Jacques a cependant enchaîné avec la lecture du rapport présentenciel « négatif » de l’accusé qui « illustre la déresponsabilisation de Jonathan Falardeau-Laroche ». Ce dernier rejette toujours une partie de sa responsabilité sur son neurologue. 

Immature, entêté et impulsif, il ne « souhaite pas modifier ses habitudes de consommation » a aussi fait valoir le procureur qui demande une peine de 36 à 42 mois de prison en plus de cinq ans d’interdiction de conduite. 

L’avocat de l’accusé, Me Simon Roy, a remis en perspective le rapport présentenciel. Son client vit depuis le drame avec un « mal de vivre » et des « remords ». « Il aimerait échanger sa vie contre celle perdue », rappelle Me Roy. La défense demande une peine beaucoup plus clémente de 12 mois de prison. Le juge Pierre L. Rousseau rendra son verdict dans quelques semaines.