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Que faire pour se préparer à l’épidémie de coronavirus?

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Photo AFP Des experts québécois recommandent de ne pas toucher les poteaux dans les transports en commun, comme ces passagers du métro de Shanghai, en Chine.

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Une panoplie de précautions peuvent être prises pour éviter d’attraper ou de propager la grippe ou le coronavirus. Le Journal a demandé conseil à plusieurs experts, qui recommandent la prévoyance et le «gros bon sens».  

• À lire aussi: Une femme de la région de Montréal: un premier cas probable de COVID-19 au Québec  

1. Se laver les mains  

C’est la consigne que les experts donnent systématiquement en premier. Il faut régulièrement se laver les mains avec du savon, pendant 20 secondes. Surtout avant de toucher à son visage, explique Caroline Quach, professeure de microbiologie à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal.  

Si l'on n’a pas accès à de l’eau courante, on peut utiliser une solution hydroalcoolique comme le Purell. Par contre, si on a les mains sales, ça ne sera pas suffisant, rappelle Mme Quach. C’est le cas, notamment, lorsqu’on vient d'essuyer le nez d'un enfant. On devrait à ce moment-là utiliser une lingette nettoyante pour enlever le mucus afin que la désinfection soit efficace.  

2. Garder ses distances  

Une autre façon de se protéger des gouttelettes contaminées est de s’éloigner des personnes qui toussent dans les espaces publics. Mme Quach recommande une distance de 1 à 2 mètres.  

«Dès que quelqu’un tousse près de moi, je change de place», explique Tatiana Scorza, professeure au Département des sciences biologiques de l’UQAM. Il est aussi préférable d’éviter de toucher les rampes et les poteaux dans les transports en commun. «Jamais je ne mets ma main là-dessus», résume Mme Scorza.  

3. Se faire vacciner contre la grippe  

Si on ne l’a pas déjà fait, il peut être judicieux de se faire vacciner contre la grippe saisonnière. Cela ne prémunit pas contre le coronavirus, mais peut faciliter le travail des hôpitaux. En réduisant le nombre de cas qu’on peut contrôler, on contribue à libérer les autorités sanitaires pour les cas plus complexes, explique Mme Scorza.  

Il est toutefois un peu tard pour cette vaccination, puisque beaucoup de cliniques qui l'offrent ferment en janvier, rappelle Mme Quach. «Mais pour ceux qui réussissent à en trouver une, c’est une bonne idée.» 

4. Acheter québécois  

Si on a le choix entre de la nourriture produite ou transformée au Québec et de la nourriture qui vient d’ailleurs, il est préférable d’acheter le produit québécois, indique Stéphane Lacasse, de l’Association des détaillants en alimentation (ADAQ). Par exemple, une tomate de serre qui a poussé ici aura moins voyagé qu’une tomate importée de l’étranger. Il y a ainsi moins de chances que le produit ait circulé dans un endroit contaminé, explique-t-il.  

Par ailleurs, il est recommandé de laver les fruits et légumes avant de les consommer, indiquait le microbiologiste Marc Hamilton sur les ondes de QUB radio mercredi.  

5. Rester à la maison en cas de symptômes  

À moins de devoir se rendre à l’hôpital, il est préférable de rester à la maison si l'on présente des symptômes. «Il y en a qui pensent que c’est une sorte d’acte héroïque, d’aller travailler quand on est malade», mais c’est faux, insiste Tatiana Scorza.  

6. Faires des réserves  

La ministre fédérale de la Santé recommande aux Canadiens de s’assurer d’avoir «assez de provisions [...] pour survivre pendant environ une semaine sans avoir à sortir». Un conseil pertinent, malgré le risque faible au pays, estime Mme Scorza. Car une personne qui se sent fiévreuse ou congestionnée n’aura pas à se rendre à l’épicerie ou à la pharmacie si elle est déjà équipée à la maison. Il est donc judicieux, dans le cas de personnes qui souffrent de maladies chroniques, d’avoir une réserve d’analgésiques et de médicaments de prescription suffisante pour les deux ou trois prochains mois, abonde Mme Quach. «L’autre enjeu, c’est celui de l’approvisionnement», ajoute-t-elle, car bon nombre de médicaments sont produits dans des pays touchés où la distribution pourrait être interrompue.  

Pour ce qui est de la nourriture, Stéphane Lacasse, de l’ADAQ, rappelle qu’il n’y a actuellement aucun problème d’approvisionnement au Québec, malgré le contexte de blocus ferroviaire. Il dit espérer que l’appel de la ministre n'ait pas un «effet boule de neige» qui incite les gens à dévaliser les supermarchés, ce qui entraînerait une pénurie artificielle des aliments.    

7. Respecter l’étiquette  

Si l’on doit tousser dans un endroit public, il est préférable de le faire dans le creux de son coude plutôt que dans ses mains ou dans le vide. «Le pli du coude ne sert pas à grand-chose, on n’ouvre pas de portes avec ça», illustre Mme Quach. Les mouchoirs utilisés ne doivent pas traîner au sol ou dans nos poches, mais être rapidement mis à la poubelle. Et cette opération doit être suivie d’un lavage de mains. Une personne qui présente des symptômes devrait également se couvrir la bouche et le nez d’un masque chirurgical et le changer régulièrement pour minimiser la contamination autour d’elle.  

8. S’entraider dans le voisinage  

«Si les écoles ferment comme en Italie, on fait quoi avec les enfants?» s’interroge Mme Quach. Elle suggère de prévoir une solution, de se concerter entre voisins, même si ce scénario n’est qu’hypothétique. En s’organisant ainsi, les communautés pourront éviter que tous les parents cessent de travailler advenant de telles fermetures.  

9. Pas de panique!  

Avec moins d'une quinzaine de cas déclarés, le risque associé au coronavirus est encore considéré comme «faible» par l’Agence de la santé publique du Canada. 

Par comparaison, le virus influenza, principale cause de la grippe saisonnière, entraîne quelque 12 200 hospitalisations et 3500 décès chaque année au pays.  

«Tout ce qui tousse, actuellement, au Québec, n’est pas coronavirus» et est probablement dû à la grippe, résume Gaston De Sarres, médecin épidémiologiste à l’Institut national de santé publique.  

Pour se prémunir contre le coronavirus, il suffit donc de prendre les mêmes précautions que pour la traditionnelle grippe et pour l’ensemble des maladies respiratoires, conclut-il.  

Le bilan du jour   

Décès en Chine: 2788  

Décès dans le monde: 2858  

Cas confirmés dans le monde: 83 342  

Cas confirmés au Canada: 13  

Source: Johns Hopkins University