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Pourparlers pour régler la crise ferroviaire : l’optimisme régnait samedi à Smithers

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Alors que des blocages de voies ferrées étaient encore en place en certains endroits du pays en appui aux membres de la Première Nation Wet’suwet’en oppposés à un projet gazier dans le nord de la Colombie-Britannique, le dialogue se poursuivait sur fonds d’optimisme samedi en haut lieu afin de trouver une issue à la crise qui perdure depuis des semaines.

Depuis jeudi, la ministre fédérale des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett, son homologue britanno-colombien, Scott Fraser, ainsi que des chefs Wet’suwet’en et autres parties pour et contre le projet Coastal GasLink sont réunis à Smithers, dans le nord-ouest de la Colombie-Britannique, pour discuter de moyens de résoudre le problème. L’ancien député néo-démocrate Nathan Cullen agit en tant que médiateur de la Colombie-Britannique pour ces négociations.

Des chefs héréditaires Wet’suwet’en soutiennent qu’ils ont le pouvoir de décision sur les terres ancestrales de leurs communautés – contrairement aux chefs élus - et s’opposent à ce que le gazoduc en traverse certaines portions. Ils reprochent également à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) d’être intervenue, injonction en main, le 6 février, pour déloger en territoire Wet’suwet’en des opposants au projet.

Cette intervention de la GRC a entraîné un mouvement de sympathie à travers le pays, notamment de membres des communautés mohawks de Tyendinaga, en Ontario, et de Kahnawake, au Québec, qui s’est matérialisé en blocages de voies ferrées et manifestations, affectant grandement l’économie de l’est du pays et le transport de passagers.

Au cours d’une conférence de presse, samedi, la ministre Bennett a indiqué que le fait que les conversations se poursuivent est «un très bon signe».

«Nous restons optimistes quant à notre capacité à trouver une conclusion vraiment bonne pour la nation Wet’suwet’en», a déclaré la ministre, ajoutant que «ce sont des discussions difficiles parce qu'il ne s'agit pas seulement des droits et du titre qui ont été déterminés par la Cour suprême, mais de 150 ans de promesses non tenues et d'un cynisme parfaitement compréhensible».

Puis, plus tard dans la journée, des chefs héréditaires participant aux discussions ont laissé savoir qu’il est possible qu’un accord historique sur les droits et les titres de propriété sur leurs terres traditionnelles puisse être signé avec les gouvernements provincial et fédéral ce week-end, mais qu’ils n’en sont pas encore là, a rapporté Global News.

Cité par Global, le chef Na’Moks a indiqué notamment que la résolution sur laquelle travaillaient les parties autour de la table allait bien au-delà du seul projet de gazoduc contesté.

«Tout cela a commencé sur un seul projet, mais ce pays a tellement de meilleures choses à faire dans l'avenir avec tous les peuples autochtones au-delà d'un seul projet», a affirmé le chef Na’Moks, ajoutant que les gouvernements d’Ottawa et de Victoria ont présenté aux chefs vendredi soir un premier jet d’entente, puis un autre samedi matin.

L’entente porterait sur un aspect d’une décision historique de la Cour suprême du Canada, en 1997, qui reconnaissait les droits et titres de propriété sur le territoire ancestral des Wet’suwet’en – et leurs voisins Gitxsan – sans toutefois préciser quelles terres appartiennent aux Wet’suwet’en. La question, en suspens depuis 1997, pourrait donc être réglée ce week-end, a suggéré Global News.

La barricade de Kahnawake tient toujours  

La barricade de Kahnawake sur une voie ferrée du Canadien Pacifique en guise de solidarité aux chefs héréditaires Wet’suwet’en de la Colombie-Britannique tenait toujours, samedi, malgré l’obtention par la compagnie ferroviaire d’une injonction obligeant les protestataires à quitter les lieux. 

L’injonction est toutefois valide jusqu’au 5 mars, a souligné TVA Nouvelles, dont une équipe s'est rendue sur les lieux, samedi. 

«La barricade tient toujours. Nous attendons des nouvelles des chefs Wet'suwet'en», a indiqué aux journaliste le porte-parole de la Nation Mohawks, à Kahnawake, Kenneth Deer. 

La barricade des Mohawks de Kahnawake empêche la société responsable des trains de banlieue d'offrir son service entre Candiac et Montréal depuis le 10 février. 

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