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La puissance sous-estimée du CELI

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J’entendais encore récemment de la bouche d’un expert que le CELI, c’était bon pour l’épargne destinée aux projets à moyen terme, comme ce grand voyage ou les rénovations de la cuisine.  

• À lire aussi: Où placer ses REER et ses CELI en 2020?

C’est comme affirmer que le logiciel Excel, c’est bon pour faire sa liste d’épicerie. Oui, ça fait la job, mais en tenant ces propos, on minimise les capacités de l’engin.   

Ceux qui ont saisi la puissance du CELI s’en servent pour investir et générer des gains importants en faisant un pied de nez à l’Agence de revenu, pas pour sauver des grenailles sur un compte à intérêt de 2 %.   

Comment ça ? Décortiquons la question, point par point.    

1. On le compare souvent au REER, quels sont leurs points en commun ?  

Comme le REER, le CELI est une coquille dans laquelle on peut déposer toutes sortes d’actifs financiers : argent comptant, certificats de dépôt, fonds de placement, actions de sociétés cotées en Bourse, etc.    

Ces actifs vont fructifier à l’abri de l’impôt, comme dans le REER. Cela veut dire que vous pouvez vendre et acheter des placements à l’intérieur de la coquille, y accumuler des intérêts, sans vous faire importuner par le fisc.   

2. Alors, qu’est-ce qui distingue le CELI et le REER, du point de vue fiscal ?  

La mécanique du REER est plus compliquée. Quand on y dépose de l’argent, c’est comme si on renonçait à une partie de son salaire dans l’immédiat pour en profiter plus tard. En cotisant 5000 $, par exemple, je dis au fisc : « Ne me fais pas payer de l’impôt tout de suite sur cette partie de mon salaire. Attends que je le retire pour m’envoyer la facture ». D’où le remboursement printanier.   

Arrivé à la retraite, lorsqu’on décaisse tous ces petits bouts de salaire et les rendements qu’ils ont produits avec les années, le fisc se reprend.    

La mécanique du CELI est plus simple, et ses résultats sont plus prévisibles. Les dépôts ne sont pas déduits des revenus, les retraits ne s’ajoutent pas non plus aux revenus et les rendements sont clairs dans les poches de l’épargnant.    

3. Y a-t-il d’autres différences entre le CELI et le REER  

Oui ! Le REER est comme un tube de dentifrice, ce qui en sort ne peut être remis dedans (sauf exception, comme le RAP). Un retrait du CELI, qu’importe le montant, peut être de nouveau déposé dans le compte l’année suivante, en sus des nouveaux droits qui s’ajoutent chaque année.   

Cela revient à dire que les rendements peuvent augmenter la capacité du CELI. Exemple : si vous investissez 1000 $ à la Bourse à l’intérieur du CELI, et que vous retirez ce placement du CELI après qu’il a doublé, l’opération crée dans le compte un espace de 2000 $ supplémentaire l’année suivante.   

4. À la base, combien ai-je le droit de mettre dans le CELI ?  

Les droits sont les mêmes pour tous les adultes et sont fixés chaque année par le gouvernement fédéral. Ils sont passés de 5000 $ à 10 000 $ par année, pour être ramenés à 6000 $ par année. Quand on ne les utilise pas, ils s’accumulent.   

Le CELI a été mis en place en 2009. Celui qui peut y cotiser depuis le début, mais qui ne l’a jamais fait, a des droits accumulés de 69 500 $ en 2020.   

5. Où est-ce que je peux ouvrir un CELI ?  

À votre institution financière, sur une plateforme de courtage direct, chez un robot-conseiller ou encore avec un gestionnaire de portefeuille. Vous pouvez détenir plusieurs comptes dans plusieurs institutions, mais vous êtes tenus de respecter le plafond de cotisation.   

6. Quel est le problème si je me sers du CELI pour épargner pour les rénovations ?   

Aucun problème. Il faut seulement cesser de présenter le CELI comme un instrument d’épargne qui sert à financer des projets. L’épargne pour les voyages et les rénovations doit être investie prudemment, donc dans des véhicules financiers qui produisent peu ou pas de rendement.    

Utiliser un abri fiscal comme le CELI pour épargner 37 $ d’impôt, alors que ce même abri permet d’investir et de générer des rendements époustouflants sans payer une cenne au fisc, c’est overkill !